• Les bornes frontalières des Pyrénées numérotées de 272 à 296 s'échelonnent du col d'Anaye ou de l'Insole au Pas d'Aspe ou Chourrout d'Aspe.

    La Table des Trois Rois (2421 mètres), située à l'Est du pic des Trois Rois (2444 mètres), est la dernière limite désignée dans le Traité de délimitation de la frontière du 2 décembre 1856 et la première limite désignée par le Traité de délimitation de la frontière du 14 avril 1862. Aucun repère n'y a été réalisé, le traité du 14 avril 1862 précise dans son article 1er : "la ligne séparative des souverainetés de France et d'Espagne, depuis l'extrémité orientale de la Navarre jusqu'au Val d'Andorre, partira du sommet de la Table des Trois Rois, dernier point désigné au procès-verbal d'abornement dressé en exécution de l'article 10 du Traité de limite du 2 décembre 1856, et suivra la crête principale des Pyrénées jusqu'au pic de Gabedaille, en s'avançant de l'Occident à l'Orient entre la vallée française d'Aspe et la vallée espagnole d'Anso." et le même Traité précise dans son Article 2 : " Du pic de Gabedaille elle ira par l'Escalé d'Aiguetorte jusqu'à la Chourrout d'Aspé, d'après le tracé existant entre les territoires de Borce et d'Anso.", ce tracé ne suit pas la ligne de partage des eaux et l'Article 10 du traité réglemente les conditions d'usage:

    -1) de la montagne d'Estaés (Estanes ou Estaens) appartenant à Anso

    -2) d'une zone qui s'étend depuis l'Escalé d'Aiguetorte jusqu'au Mailh de Maspêtres, entre la frontière internationale et la lisière supérieure du bois d'Espelunguère (appartenant à Borce)

    -3) d'une zone qui occupe l'espace compris depuis le Fourat de las Tirérès jusqu'auprès de la Chourrout d'Aspé, entre les croix hautes ou repères de la limite internationale et les croix basses qui circonscrivent du côté de l'Orient (appartenant à Borce)

    L'annexe II de la convention additionnelle du 27 février 1863 au Traité du 14 avril 1862 précise que ces trois zones seront délimitées par la frontière internationale et par une série de croix: "on a gravé sur le rocher des croix à double branche, sans numéro, et qui consistent en deux lignes droites parallèles d'un décimètre de long, coupées perpendiculairement au milieu par une autre ligne droite d'une longueur double". La première zone étant "signalée par deux croix", la seconde "déterminée par douze croix" et la troisième par "neuf croix".

    Le procès-verbal d'abornement de 1862 débute son premier repère : "au Port d'Anso, ou Col de Pétragème où l'on a placé le premier repère du présent abornement, lequel consiste en une croix et le numéro 273 gravés sur un rocher de calcaire blanc, à 9,0 mètres à l'Est du sentier qui conduit de Lescun à Anso. "

    Le procès-verbal de 1862 précise pour le repère 280 une "Croix à l'Escalé d'Aigue torte, sur un grand rocher vertical, à gauche de la cascade." Elle est difficile à situer car elle est gravée au bord du vide :(  , sur la partie horizontale du haut des falaises verticales, au Nord de la cascade de l'Escalé d'Aigue-Torte. Depuis le versant français, en regardant la cascade, la croix frontière est à droite.

    La croix frontière numéro 281 est difficile à trouver, située au Nord-Est et à une quarantaine de mètres du proche col de Bernère ou Pas de l'Echelle, elle est gravée sur le sommet de la falaise où a été fixé un panneau solaire et est entourée de vide Déçu . Celui qui l'a gravée n'était pas sujet au vertige Embarassé .

    Les croix frontière 287 "au bord du Fourat de las Tirérès", 288 "à 200 mètres de la dernière" et 289 "à 160 mètres et au Sud-Est de la croix précédente", sont également difficiles à situer et les distances qui les séparent sont moindres, il y a en réalité moins de 100 mètres entre chaque repère  .   

    Entre les bornes frontière numéro 292 et numéro 293, sur le versant Oriental d'un mamelon, il y a une ancienne croix frontière gravée sur un grand rocher penché vers l'Est (1560 m.).

    Entre les bornes frontière numéro 293 et 294, il y a une ancienne croix frontière gravée sur un rocher au-dessus de la source de Sansanet (1600 m.). Cette croix semble correspondre à la neuvième croix de l'abornement de la troisième zone d'Estaés, gravée "sur les rochers qui dominent la fontaine de Sansané".

    La borne frontière numéro 294, située à 370 mètres au Sud-Ouest  de la borne 293, dissimulée dans la forêt , est également difficile à trouver. Peu après le ruisseau et la fontaine (source) de Sansané, une vingtaine de mètres avant l'entrée en forêt du sentier balisé rouge et blanc du GR 11, et à partir du rocher avec une balise rouge et blanche situé à droite du sentier, il faut quitter ce sentier pour remonter plein Ouest en forêt jusqu'à un promontoire où est située la borne Clin d'oeil .

    Au-dessus et à droite de la croix frontière numéro 295, gravée "sur la grande muraille verticale de rochers connue sous le nom de Caillavérisse",  il y a une ancienne croix frontière gravée dans la roche.

    Entre les croix frontière numéro 295 et numéro 296, il y a quatre anciennes croix frontière gravées à la fin et à la base de la grande muraille verticale de rochers de Caillavérisse ou Callaverisa (1600 m.). La première croix (1603 m.) est située environ 65 mètres avant la fin de la falaise, la seconde (1597 m.) est située une trentaine de mètres après la première, la troisième (1602 m.) est située à une vingtaine de mètres de la seconde et la quatrième (1607 m.) est située à une quinzaine de mètres de la troisième sur un rocher à la fin de la falaise.

    La carte IGN à utiliser est la 1:25000 1547 OT Ossau Vallée d'Aspe Parc National des Pyrénées.

    Voir galerie photos des bornes frontière 272 à 296




    votre commentaire
  • Les bornes frontalières des Pyrénées numérotées de 221 à 237 s'échelonnent  du col d'Errozaté ou d'Erozate au Port de Larrau ou Uthurzéhétako-Lépoua.

    Sur cette partie de la frontière on trouve encore des traces de l'abornement de la sentence arbitrale entre St Jean, Cize et Ahezcoa réalisé les 13 et 14 août 1556. Il y a des croix gravées sur des roches près des bornes frontière 222 et 223.

    La croix frontière numéro 230 est positionnée sur la carte IGN sur la rive droite de Iratiko (Irattiko) Erréka, à l'Est du terminal de la route D 18. La convention additionnelle (du 28 décembre 1858) au traité pour délimiter la frontière du 2 décembre 1856 précise après la borne 229 : "La limite suit la crête bien distincte de Ahousbidé et descend dans la même direction jusqu'à la rencontre du cours d'eau Ourbelcha, en face du rocher de Ourdandéguizarra.
    230. Croix sur le rocher de Ourdandéguizarra
    ".En voyant le lieu, on pourrait croire que le rocher signalé dans le procès-verbal d'abornement est un immense rocher, situé parmis un amas d'innombrables pierres et blocs. Il n'en est rien, ce petit rocher est situé une dizaine de mètres au-dessus de la rive gauche de l'Ourbelcha ou Iratiko (Irattiko) Erreka, à une trentaine de mètres au Sud de la rive gauche d'Ourdanitzarretako Erreka et du pierrier et à une vingtaine de mètres en contrebas de la piste. La croix frontière numéro 230 est gravée sur ce petit rocher et juste à côté il y a une borne frontière moderne qui a donc été mise après l'abornement de 1858. 
     
    Pour la borne frontière numéro 232, l'annexe V de la Convention additionnelle du 28 décembre 1858 au Traité de délimitation du 2 décembre 1856 signale: "232. A 2400 mètres de la borne précédente et à 135 au delà de la jonction de l'Errécaïdor avec la ravine appelée par les Français Imitéco-erréca et par les Espagnols Itourcharraco-erréca; cette ravine vient de la partie du Nord." Le Décret n° 2000-119 du 9 février 2000 précise à propos de la reconstruction de la borne frontière numéro 232 : "Considérant que cette reconstruction n'altère en rien le tracé de la frontière mais qu'elle modifie l'annexe V de la convention additionnelle du 28 décembre 1858 au traité de délimitation du 2 décembre 1856, il apparaît nécessaire de modifier cette annexe comme suit: " 232: à 2400 mètres de la borne précédente et à 114 mètres au delà de la jonction de l'Errecaidor avec la ravine appelée par les Français Imitéco-Erréca et par les Espagnols Itourcharraco-erréca; cette ravine vient de la partie Nord" "Si la nouvelle borne 232 est toujours à 2400 mètres de la 231, elle s'est bizarrement rapprochée de 21 mètres de la jonction de l'Errécaidor (Erréka Idorra) avec la ravine Imitéco-erréca (Imitzéko Erréka),  Non décidé ????. La carte de randonnée IGN 1:25000 1346 ET (édition 2002) signale la borne 232 détruite. Le 6 avril 2010, elle était toujours à sa place en rive gauche au-dessus de la cascade de Imitzéko Erréka (990 m.) et une dizaine de mètres avant sa confluence avec Erréka Idorra qui sert de frontière. Tout près de la borne, une croix peinte en jaune était gravée sur l'écorce d'un arbuste et le numéro 232 sur un arbre.

    La borne frontière numéro 234 n'a pas de numéro, elle est au-dessus de la confluence de la ravine qui descend de Malgorra Chipia (occupée par un torrent à la fonte des neiges) et de Ibarrondoko Erréka (1120 m.), et au milieu d'un groupe d'arbustes avec de la peinture rouge sur les troncs, l'un d'eux porte les couleurs du drapeau espagnol (6 avril 2010).

    La carte IGN 1:25000 1346 ET signale par erreur la borne frontière numéro 234 bis (234 b) en rive droite d'Ibarrondoko Erréka. Elle est au-dessus de la rive droite de Gastarrétako Erréka (1130 m.) juste avant la confluence avec Ibarrondoko Erréka.

    Pour la croix frontière numéro 235, l'annexe V de la Convention additionnelle du 28 décembre 1858 au Traité de délimitation du 2 décembre 1856 précise: "croix sur le rocher d'Aloupégna qui appartient à la chaîne principale des Pyrénées et qui est située à 170 mètres au Sud d'un autre sommet plus élevé, nommé Chaspigaïna."  La croix est gravée sur une roche située à une vingtaine de mètres au-delà du sommet de Zazpigagn. 

    Le pic d'Orhy avec ses 2017 mètres d'altitude est le premier sommet dépassant les 2000 mètres que la frontière franchit en venant de l'Océan Atlantique. La croix frontière numéro 236 qui était "au sommet du mont Ory" a disparu ! 

    Le cours de Contracharoko Erréka qui sert de frontière entre les bornes numéro 226 et 227 est inintéressant à suivre, on peut l'éviter en remontant au-dessus de la forêt pour longer en contrebas la crête d'Urculu jusqu'au col Curutche. La crête d'Ahuntzbide (où est située la borne frontière 229) n'est plus praticable dans sa plongée sur Iratiko Erréka, il faut revenir chercher au Nord la piste du col d'Oraaté pour descendre sur Iratiko Erréka. La portion de frontière qui suit le cours de Erréka Idorra  puis celui de Gastarrétako Erréka entre la borne 231 et la croix 235 est inintéressante (réalisée le 6 avril 2010 elle est plus proche du canyoning que de la randonnée). Une piste serpente dans la forêt sur le flanc Sud du pic de Bizkarzé en longeant le Nord de la frontière mais on est très loin de la ligne de partage des eaux  qui, de la borne 221 du col d'Errozaté passe au sommet d'Errozaté, à Iraukotuturru, aux cols de Sourzay et de Burdincurutcheta, aux pics Mendibel, Chardéca, Arthanolatzégagnia, des Escaliers, aux cols Iratzabaléta, Bagargiak, Mehatzé, Sensibilé, suit la crête de Millagaté, passe à Thartako Lépoua pour suivre la crête de Zazpigagn et aller rejoindre la frontière à hauteur de la croix frontière 235 située à une vingtaine de mètres au-delà du sommet de Zazpigagn. La carte IGN à utiliser est la 1:25000 Forêt d'Iraty Pic d'Orhy 1346 ET.

    Voir galerie photos des bornes frontière 221 à 237

     


    votre commentaire
  • Les bornes frontalières des Pyrénées numérotées de 196 à 221 s'échelonnent de Pertolet à Arnéguy au col d'Errozaté.

    Tout près du col d'Orgambidé et de la borne frontière numéro 212, Une stèle a été élevée en 2006 au milieu d'un cromlech. Elle commémore le 450 ème anniversaire de la facerie entre Cize et Aëzcoa. Il y est gravé : "1556 2006 Aezkoa Garazi fazeria". Cette facerie fait partie, avec celle entre Baretons (Baretous) et Roncal, des deux faceries perpétuelles maintenues par le Traité du 2 décembre 1856. L'annexe III de la Convention additionnelle du 28 décembre 1858 précise: "Pour prévenir les doutes qui pourraient s'élever dans l'application de l'article 13 du traité de limites du 2 décembre 1856, concernant les deux faceries perpétuelles qu'il maintient dans leur intégrité, et afin de constater d'une manière claire et précise les conditions qui règlent l'usage de l'une et de l'autre conformément aux sentences de 1556 (entre Cize et Aëzcoa) et 1375 (entre Baretons et Roncal), sans reproduire le texte étendu des actes mêmes, les Plénipotentiaires des deux Etats sont convenus de résumer et de consigner dans la présente annexe les droits et obligations de chacune des parties dans la jouissance des deux faceries susmentionnées.

    ENTRE CIZE ET AËZCOA       Article unique. En vertu de la compascuité établie sur toute l'étendue de la frontière qui, depuis Iriburieta jusqu'au confluent de l'Urgatsaguy et de l'Egurguy, sépare la vallée française de Cize et Saint-Jean-Pied-de-Port de la vallée espagnole d'Aëzcoa, les troupeaux de gros et de menu bétail, sans distinction d'espèce, appartenant à chacune des deux vallées, pourront entrer pour paître et s'abreuver librement sur le territoire de l'autre, y demeurant seulement le jour, de soleil à soleil, et rentrant dans leur propre territoire pour y passer la nuit." 

    La croix frontière numéro 219 est difficile à situer. La convention additionnelle (du 28 décembre 1858) au traité pour délimiter la frontière du 2 décembre 1856 précise : "219. Croix gravée sur une roche d'Arpéa où se trouve la grotte." Elle est gravée sur un des rochers situés sur la crête qui est au-dessus de la grotte, où les pentes herbeuses sont très raides et où il faut faire très attention arf erf ! La même convention additionnelle signale après le repère 220 que: "Le terrain n'a pas permis de mesurer les trois dernières distances d'un repère à l'autre".

    Les cartes IGN à utiliser sont les 1:25000 Saint-Jean-Pied-de-Port Saint-Etienne-de-Baïgorry 1346 OT et Forêt d'Iraty Pic d'Orhy 1346 ET.

     Voir galerie photos des bornes frontière 196 à 221

     


    votre commentaire
  • Les bornes frontalières des Pyrénées numérotées de 155 à 196  s'échelonnent du col de Lindus à Pertolet à Arnéguy.


    La convention additionnelle (du 28 décembre 1858) au traité pour délimiter la frontière du 2 décembre 1856 précise que la borne frontière numéro 157 est située après avoir traversé le bois de Achistoy dans un parcours de 380 mètres, et à 200 plus loin, en tout 580 mètres, à Achistoguico-gaïna. D'après la carte IGN au 1:25000, elle est située à la cote 1202 au Nord-Nord-Est du col de Mizpirachar (1139 m.) et au Sud-Sud-Ouest du sommet de Achistoy (1230 m.). Lors de mon passage en février 2009, elle n'y était pas!  Le 6 juin 2011, je l'ai trouvée sur le versant espagnol, couchée et enfouie dans la végétation, à une vingtaine de mètres en contrebas et au Sud-Est de Achistoguico-gaïna (1202 m.). 


    La même convention précise que la borne frontière numéro 196 est située à Pertolé, à 10 mètres de la rive gauche de la rivière de Valcarlos, et à 380 de la borne précèdente, comptés en ligne droite et en longeant les murs de clôture qui se trouvent sur cette direction. Cette borne n'était plus visible (février 2009) !  Elle était enterrée en contrebas du nouveau parking situé à Pertolet, près du pont (225 m.) en bordure de la Nive d'Arnéguy. En septembre 2013, le haut de la borne était dégagé et le numéro était visible !


    Une très belle traversée qui offre de superbes panoramas. Pour relier les bornes frontière 155 à 196, on ne quitte la ligne frontière qu'entre les deux dernières bornes. Le dénivelé positif est d'environ 730 mètres pour un dénivelé négatif d'environ 1670 mètres. Pour éviter l'inintéressante frontière allant d'Arnéguy à Valcarlos et au barrio de Ganecolata -sauf pour les amateurs d'alcool et de tabac, mais les sportifs montagnards ne marchent pas avec ces carburants Clin d'oeil -, il est possible de rester au plus près de la ligne de partage des eaux en suivant à partir du col de Lindus (borne frontière n° 155) une direction générale Est, pour passer par le Puerto de Ibaneta, au collado Lepoeder, sur le flanc Nord de Menditxipi (ou par son sommet), sur le flanc Nord de Txangoa (ou par son sommet) afin de rejoindre la frontière au col coté 1337 (borne frontière n° 200) situé au Sud du proche col de Bentarte et de continuer direction Est vers le col d'Arnostéguy. La carte IGN à utiliser est la 1:25000 Saint-Jean-Pied-de-Port Saint-Etienne-de-Baïgorry 1346 OT.

    Voir galerie photos des bornes frontière 155 à 196

     


    votre commentaire
  • Les bornes frontalières des Pyrénées numérotées de 125 à 155  s'échelonnent du col d'Eyharza au col de Lindus.


    De Behorsubuztan au sommet du pic de Lindus la frontière est commune entre la France et le Pays Quint ou Quinto Real ou encore Kintoa.

    Le Pays Quint est un territoire situé entre les Aldudes et Erro, qui servait principalement de pâturage, en 1237 le roi Théobald 1er y leva un impôt qui représentait 1/5ème de l'élevage des porcs: le Quint, qui donna son nom à ce territoire. Charles Quint héritier du royaume de Castille abandonna la partie de la Navarre située de l'autre côté des Pyrénées au royaume de France. L'Ultra-puerto (actuelle Basse Navarre) fût ainsi rattaché à la France en 1530 par Louis XIII. Le Pays Quint, à cheval sur la frontière, resta indivis entre les deux royaumes. Les limites du Pays Quint furent déterminées par l'article 15 du traité pour déterminer la frontière du 2 décembre 1856 qui précise:

    "Il est convenu en outre que les habitants de la vallée de Baïgorry auront la jouissance exclusive et perpétuelle des pâturages de la partie des Aldudes comprise entre la crête principale des Pyrénées et la ligne qui a été tracée dans l'article 7, de Lindusmunua à Beorzubustan, par Isterbeguy, comme divisant en cet endroit les deux Souverainetés.

    Le territoire dont le pâturage se donne à ferme perpétuelle aux Baïgorriens est celui qui circonscrit une ligne qui, partant de Beorzubustan, suivra la chaîne principale des Pyrénées déterminée par les hauteurs d'Hurisburu, Urtiaga, Ahadi, Odia, Iterumburu, Sorogaïna, Arcoleta, Berascoïnzar, Curuchespila, Bustarcorte-mendia et Lindusmunua pour se diriger de ce dernier point à Beorzubustan en passant par Isterbeguy.

    Les habitants de Baïgorry acquerront la jouissance exclusive et perpétuelle de ces pâturages moyennant une rente annuelle de huit mille francs, représentant au cours de dix-neuf réaux par pièce de cinq francs, une somme de trente mille quatre cents réaux de vellon, monnaie espagnole." 

    Le Décret n°69-829 du 1er septembre 1969 portant publication de l'échange de lettres entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de l'Etat espagnol portant sur la jouissance exclusive et perpétuelle des pâturages du Pays-Quint, signé à Paris le 11 mars 1969 (Journal Officiel du 9 septembre 1969)  et concernant le montant de la redevance  annuelle payée par la France, en application de l'article 15, précise :

    "que le Gouvernement français accepte pour compter de l'année 1969, de porter cette somme à 60.000 F, étant convenu que le Gouvernement espagnol prendra de son côté les mesures nécessaires afin de rendre aux pâturages dont il s'agit leur superficie d'origine, réduite au cours du siècle écoulé d'environ un cinquième du fait de l'extension des surfaces boisées."

    En 2009 le Pays Quint ou Quinto Real ou Kintoa est toujours un territoire cédé à perpétuité par l'Espagne à la France contre une redevance annuelle. Situé en Espagne, il est habité par une trentaine de français qui payent la taxe d'habitation en France et les impôts fonciers en Espagne. Le courrier, le téléphone, et l'électricité sont du ressort de la France. La police et la douane sont espagnoles. L'entretien des routes dépend du syndic de la vallée de Baïgorry. Les faceries subsistent toujours. Une disgracieuse clôture de fil de fer barbelé marque les limites de ce territoire !  

    Le repère frontière numéro 142 est une croix gravée, avec son numéro, sur une roche située au niveau du sol en bordure du chemin venant de Korrotako Lépoa.

    La borne frontière numéro 143 a été très difficile à trouver. Elle est coupée en deux, la moitié Nord est restée debout et l'autre moitié est couchée à un demi mètre. J'ai sorti la végétation et les feuilles mortes et gratté la mousse qui recouvraient les deux morceaux de cette borne en pierre. Elle est située sur une raide pente, à 660 mètres d'altitude et à une dizaine de mètres au-dessus de la rive gauche du torrent Imiliztéguiko Erréka. La carte IGN 1:25000 la place par erreur sur la rive droite.

    La croix frontière numéro 145, située sur l'arête inclinée de Ourrisbarengo-éguia, est gravée avec son numéro sur une roche au niveau du sol. Le même numéro est également gravé de haut en bas sur une borne placée juste à côté.

    Pour le repère frontière numéro 146 situé sur la crête du Mont Sorogain ou Sorhogain, à Oxapoustéguico-éguia ou Ochapoustéguico-bizcarra, la carte IGN signale une borne qui effectivement est bien présente, mais à une dizaine de mètres à l'Ouest de la borne il y a une croix avec son numéro "146" gravés sur un rocher et à une dizaine de mètres à l'Est de la borne il y a une autre croix avec son numéro "146" gravés sur une roche.

    La croix frontière numéro 147 a été difficile à trouver, le rocher où elle est gravée est situé sur le flanc Ouest de la crête Nord-Nord-Est de Beordegi ou Béordégui à 800 mètres d'altitude et à une vingtaine de mètres au-dessus de la piste goudronnée. J'ai du écarter des ronces et gratter la mousse pour la faire apparaître. 

    A partir de la borne frontière 130, située sur le petit sommet d'Arrilucé ou Arluché, la frontière laisse les crêtes et se dirige en ligne droite vers Isterbégui-mounoua (Ichterbegui - borne frontière 141) d'où elle change de direction pour aller en ligne droite à Lindous-mounoua (Lindus - borne frontière numéro 153). Pour réaliser une belle traversée, il est plus interessant de quitter la frontière à partir de la borne 130 pour suivre la disgracieuse clôture de fil de fer barbelé qui court sur la ligne de partage des eaux  pour contourner par le Sud le Pays Quint ou Quinto Real ou Kintoa en passant par Azaldegi, Loilurzeko Haria, Urkiaga Lepoa, Adi, Iturrumburu, Sorogain, Mendiaundi et retrouver la frontière à la borne numéro 153 au sommet de Lindus. Outre la beauté de cet itinéraire, il permet de découvrir quelques bornes (également numérotées) délimitant le Pays Quint ou Quinto Real ou Kintoa. La carte IGN à utiliser est la 1:25000 Saint-Jean-Pied-de-Port Saint-Etienne-de-Baïgorry 1346 OT et pour découvrir le Pays Quint  la carte à utiliser est l'Editorial Alpina 1:40000 Alduides Baztan.

    Voir galerie photos des bornes frontière 125 à 155

     Voir galerie photos des bornes du Pays Quint ou Quinto Real ou Kintoa

     


    votre commentaire