• Abornement de la montagne d'Estaés ou de Estanés ou encore de Astanés ou d'Estaëns
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  • Voici l'intégralité de la traduction de la sentence arbitrale et de la démarcation de la frontière franco-espagnole réalisée les 13 et 14 août 1556, entre la ville de st jean (Saint-Jean-Pied-de-Port) et la vallée de Cize d'une part, et la vallée d'Ahezcoa (Aezkoa) d'autre part, avec quelques annotations personnelles:
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            Traduction de la sentence arbitrale de 1556
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        In der nomine, amen. Qu'il soit manifeste et notoire à tous ceux qui verront et entendront le présent acte public de Démarcation et distinction De terrains communaux et chacune des choses écrites ci-dessous, que par devant nous Notaires Royaux et témoins soussignés, s'assemblèrent personnellement comme arbitres, procureurs et chargés de pouvoirs des communes et terres de s.t jean (Saint-Jean-Pied-de-Port), Cize et Ahezcoa de ce Royaume De Navarre MM. Xa- tous de la dite ville et vallées, pour procéder à la D. (ladite) démarcation et distinction de terrains Communaux; lesquels Disent que conformément aux pouvoirs à eux conférés et qu'ils ont exhibés. ils entendaient procéder et faire ce qu'ils pourraient pour l'harmonie et la tranquillité des propriétaires et habitans Des D. (desdites) ville et vallées, sur la proposition faite le 13 Août 1556, sur la frontière des Monts-Pyrénées, dans la vallée appelée vulgairement gasaldea, sur le chemin qui conduit de la vallée de Cize à la vallée et fonderie D'Ahezcoa; lesquels intrumens (?) de pouvoirs et compromis que les Dits procureurs et arbitres ont exhibés, sont par ordre successif de la forme et teneur suivantes:
    Pouvoir.       L'an 1556 le Dimanche de la trinité, dernier jour du mois de Mai, dans le village de St Pierre D'ussassoa (il s'agit de l'église de Saint-Pierre d'Usakoa à Saint-Jean-le-Vieux), vallée de Cize, le Roi, conformément à la déclaration des Baillis et de Mr le Chatellenier, a mandé au son de cloche en cour générale, suivant coutume, les hauts et nobles seigneurs gentilshommes et Députes résidant pour la plupart dans l'université de la terre de Cize; lesquels ont solennellement créé pour leurs propres et légitimes Procureurs, uniques géreurs et arbitres définitifs pour chacune Des choses


    contenues dans la présente déclaration savoir Xa- ici présent et se chargeant de l'exercice de cette mission et promettant chacun pour soi in soliDum, formellemt- (formellement) et expréssement, de se transporter, conjointement avec les nobles jurés habitant l'université de st jean ou leurs fondés de pouvoirs, sur les limites frontières et communes nécessaires, situées dans l'espace de la D. vallée et ville, pour, dans les Dits terrains, mettre, avec les nobles maire, amiral, jurés, Regidors de la D. vallée D'Ahezcoa, quelle espèce de borne ou limite que ce soit, en désignant les endroits qui donnent ou pourraient Donner lieu à quelque contestation; et pour juger définitivement toute sorte de différens qu'il y a ou qui pourraient survenir entre les dites parties, sur toute espèce de cabanne, chaumière ou Cayolar de la frontière, et dont l'une ou l'autre pourrait prétendre en avoir injustement la propriété, ayant autorité pour passer toute espèce D'actes, conventions, capitulations valables pour toujours, avec les nobles maire, gentilshommes, habitans, Regidors, amiral et université de la vallée de salazar, qui doivent procéder conformément aux ordonnances et sentences sur la vallée d'Iratiguibelaga et autres paturages, suivant qu'il paraîtra plus urgent et mieux combiné, et en prenant pour coadjuteurs, s'ils le jugent convenable, des personnes capables de désigner les dites limites, Suivant qu'il leur paraîtra juste. A ces fins, on sera tenu de se conformer, pour chacun des terrains appartenans à la dite vallée de Cize, à la décision des procureurs et arbitres qui ont plein et entier pouvoir, pour statuer sur ce qui


    Demeure Dit, se soumettant à leurs sentences ou ordonnances, avec  ou sans amende,ce qu'ils régleront à leur gré; et il sera absolument requis D'y ajouter foi et de faire serment que tout ce qui sera dit, arrêté et conclu par chacun des Dits procureurs et arbitres sera tenu pour valable et sûr à perpétuité, engageant en conséquence leurs personnes et biens universellement et particulièrement, et renonçant à leurs intérêts particuliers, privilèges, statuts, ordonnances, clauses et soumissions, obligations renonciations, de droit et de fait à ce necessaires et qui pourraient lui être préjudiciables; et ce qu'on Dit par renonciation générale ne signifie autre chose si ce n'est que la spécialité veut qu'homme n'entende renoncer et qu'on le déDommagera de toute charge ou amendement, et qu'on payera tout ce qui sera jugé en opposition, sous la clause "judicio sixte et judicatum solvenDo"; et pour plus de surêté ils ont fait serment devant la croix et saints évangiles de Dieu.
        Fait l'an mois, jour et lieu que Dessus devant témoins et habitans de la d. vallée. En foi de quoi, moi d. notre. (notaire) ai signé = juan de socarro =
    Autre Pouvoir.    In Dei nomine, amen. Soit public et manifeste à tous ceux qui cet acte public de compromis et ce qui y est contenu verraient et entenDraient que le 4 juin 1556; dans la ville de st- jean de pieD de port, royaume de Navarre, dans la maison commune de la Dite ville, lieu désigné pour tenir conseil sur les choses concernant le bien public, il se tint conseil par arrêté de Xa, - jurés de la de la D. ville, pour s'entendre entr'autre choses sur ce qui sera plus bas spécifié, les susd. an, mois jour et lieu, auquel comparurent personnellemts- (personnellement) sous la présidence de MM les jurés, Savoir Xa-


    résidans dans la Dite vallée de st jean, et dès que MM. les jurés leur eurent Dit qu'ils devaient conférer tant en leurs noms qu'en celui des autres de la d. ville qui étaient absents, ils élurent et nommèrent D'un commun accord  pour leurs méDiateurs et arbitres amiables et, en cas de besoin, pour juges de différens et vérifications les susD. jurés de la ville de st jean, chacun d'eux in foliDum et donnèrent plein pouvoir et faculté à chacun D'eux in folidum, pour s'entendre avec les arbitres sur les disputes qui existeraient, ou qui pourraient exister, entre la vallée de Cize et vallées de salazar et D'Ahezcoa, sur la Démarcation de limites et abornemens anciens Sur les frontières et montagnes communes des Dites ville et vallée de Cize, D'une part, et des vallées de salazar et d'Ahezcoa de l'autre, vallées situées au delà de la frontière; pour qu'ils puissent mettre ou faire mettre entre les montagnes et terrains Des D. ville de st jean, vallée de Cize et vallée de salazar, des signaux clairs à perpétuité, et qui puissent servir d'abornement, conformément aux ordonnances antérieures, en faisant passer acte public de cette opération et qu'ils pourvoient à tout ce qui pourrait consoliDer l'harmonie, la fidélité et le bon voisinage entre les dites ville, vallée de Cize et Ahezcoa, comme aussi à ce que les bornes et signaux prétenDus soient posés à leurs places respectives; et quen cas que sur cela il y eut quelque Différend, on les arrange ou fixe d'après les bornes et signaux anciens, tant pour ce qui concerne les D. bornes et signaux anciens que pour D'autres dommages intérêts qu'on prétenDrait établir et qu'on demanderait à raison des dits terrains,


    bétail ou bestiaux, ou autrement, que la dite ville de st jean aurait accorDés. En conséquence, ils donnent pouvoir et faculté aux Dits jurés et arbitres et à chacun d'eux in foliDum de faire tout arrangement arbitraire qui leur paraitrait convenable, exceptant l'ordre judiciaire où ne le faisant pas, en l'absence des parties entenDues ou non, en jour férie ou non ferié et dans la forme et manière qu'ils voudront. Chacun des dits contractans promet, engageant personnes et biens de tous les habitans de la Dite ville et ses Rentes, de tenir comme irrévocable pour jamais ce qui est expliqué plus haut, de même que toute sentence ou arrêté que les dits arbitres pourraient conclure D'un commun accord, et de ne pas appeler de tel arrêté ou sentence, sous peine, en cas contraire ou De non exécution, d'être condamnés à payer Cent marcs D'argent, la moitié applicable aux coffres Royaux, et l'autre moitié partageable entre les parties intéressées. En foi de quoi moi dit not.re et témoins avons signé.
    Autre pouvoir:     Soit manifeste et notoire à tous ceux qui le présent pouvoir Public et Procuration verront et entendront que l'an 1556 et le 10 juin, au village D'aribe, par devant moi notaire, en présence des témoins plus bas nommés et des maires, regidors et jurés de la vallée d'Ahezcoa, qui nommérent sont Xa.; lesquels alcalde, regidors et jurés déclarèrent en conseil que certains Différens existaient depuis quelques jours entr'eux


    et les alcaldes, regidors et habitans de la vallée de salazar, et entre les vallées d'Ahezcoa et Cize, malgré quelques conventions existants sur les dits terrains et leurs limites entre les dites parties; et attendu qu'ils n'avaient pu s'assembler pour concerter et discuter sur la démarcation de ces limites, les deux Dites parties sont unanimement convenus qu'il était urgent De désigner deux ou trois personnes et de les investir de pouvoirs pour aller reconnaître les terrains et bornes qui sont l'objet de la contestation pour que par cette opération elles pussent augmenter ou diminuer ces bornes, les replacer là où elles le jugeraient convenable nonobstant les actes antérieurs. En conséquence, ils ont crée et nommé pour leurs procureurs spéciaux et généraux Xa: qui ont gracieusemt. (gracieusement) accepté cette mission, pour, après la visite préalable conjointement avec les Députés qui seraient nommés par les vallées de salazar et Cize, pouvoir mettre, ôter ou replacer les bornes dans la démarcation des dits terrains, et pour l'observance De ce les dits contractants engagèrent leurs propres personnes et les dites corporations toutes leurs possessions Xa- sur ce ils requirent de moi n.tre (notaire) soussigné de passer acte de la présente procuration étant présens comme témoins Xa: = juan de garayoa not-re (notaire)

    Sentence.        Et MM. les procureurs et arbitres, après avoir exhibé leurs pouvoirs en dues formes, déclarèrent que ceux qui devaient procéder à la Dite Démarcation de limites sur les montagnes


    et ports d'entre la ville de st jean et vallée de Cize d'une part, et la vallée D'Ahezcoa de l'autre feraient placer des signaux de pierres ou bornes distinctes et bien divisées, en xas de quelque différend contestation ou doute qui pourraient survenir parmi les frontaliers pour la conservation des droits de ces terrains et pour la tranquillité et sécurité des parties intéressées afin que l'on puisse avoir recours à tels et tels signaux et bornes que l'on considérera comme ligne de démarcation des terrains, montagnes et biens communaux Des dites ville de st jean et vallée de Cize, ainsi que des terrains, montagnes et biens communaux de la vallée D'Ahezcoa, en fixant les bornes conformément aux limites et signaux anciens qui se trouvaient entre les dits terrains, montagnes et biens et les dites ville et vallées. Les dits Prieurs et arbitres déclarèrent en sus vouloir les placer dans l'ordre et forme jugées par eux convenables; et ils nous requirent De prendre acte de cette démarcation, afin De conserver les titres des parties susmentionnées, ce à quoi nous avons adheré, au pic d'Iriburieta. dans le parcours appelé jasalDea le 13 Août 1556 en présence des témoins Wa- et aussitôt après les dits procureurs, fondés de pouvoirs et arbitres procédèrent à l'opération de la manière Suivante:
    1 . Premièrement ils mirent pour premier signal une borne d'entre les dits terrains, montagnes et ports, et les dites villes et


    vallées, sans préjudice du Droit de tiers, une pierre fixe située dans le terrain de jasaldea, sur le chemin qui conduit d'ici vers Cize et à à la vallée et fonderie d'Ahezcoa; sur laquelle pierre il y avait une croix vers la partie de Roncevaux et Ahezcoa; et les dits fondés de pouvoirs y ont fait faire, pour signal de première borne, une autre croix sur la face qui est vis-à-vis Urcullu. (Cet endroit semble correspondre au lieu où a été placée le 8 septembre 1785 le 162 ème repère de l'abornement du Traité de Elizondo qui était une borne avec des croix placée "au col appellé Iriburrietaco-lephoa dans le même endroit ou était auparavant la Borne ancienne divisoire des territoires d'ahescoa, Erro, val-carlos et cize, et a la vue des Rochers d'urculu." et qui est la borne la plus orientale de l'abornement du Traité de Elizondo du 27 août 1785. C'est également dans ce lieu que l'abornement du Traité de délimitation de la frontière signé à Bayonne le 2 décembre 1856 y a placé sa borne "205. Au col d'iribouriéta ou lasaldéa, à 200 mètres.". L'actuelle carte IGN nomme ce lieu "Col d'Arnostéguy" et lui donne une altitude de 1236 mètres.)
    2. La seconde borne fut mise à coté de la fontaine D'Urcullu, à la distance de cette fontaine D'environ vingt pas, vers la vallée de Lizarrameaca, et comme elle s'y trouvait placée contérieurement, on la fit enfoncer Davantage pour quelle fut fixée à toujours. Laquelle borne de pierre mouvante est éloignée de la première d'environ deux portées et demi de flèche, et ces deux bornes furent confrontées autant que possible.
    3. De même la troisième borne fut fixée dans le parcours de Lizarmeaca presque contre la fosse appelée Lezea de Eranzan, à 10 pas plus ou moins de la fosse et moins Distante de la seconde ou à environ 2 portées de flèche, et on y fit faire deux croix. (Il semble que ce soit dans ce même lieu que l'abornement du Traité de délimitation de la frontière signé à Bayonne le 2 décembre 1856 y a placé sa borne "208. A la gauche du gouffre ou citerne de Lécéandia, à 790 mètres. Ce repère et les deux précédents sont à peu près en ligne droite.". L'actuelle carte IGN signale près de la borne frontière 208 un gouffre et une altitude de 1143 mètres, ainsi que des cabanes de Leizehandy. La carte SITNA  Système d'Information Territoriale de Navarre et SIGNA de l'IGN espagnol donnent au gouffre le nom de Sima Leizeaundia.)
    4. La quatrième borne fut désignée un Roc fixe, faisant face à Lizarmeaca, Sur lequel, on fit, vers la cime, une croix; et qui est éloignée de la troisième environ une portée de flèche.
    5. Item, on fixa pour cinquième borne une pierre mouvante, distante de la 4.me, une portée de fusil plus ou moins, et sur laquelle on fit une croix.
    6. item, la 6.me borne fut placée dans le parcours appelé arjuloa; elle a des croix


    aux cotés et sur la cime, et est Distante de la 5-me D'environ une portée de fusil.
    7. Item, la 7me borne fut placée dans le parcours appelé UrdanviDea; composée d'une pierre mouvante avec une croix sur la cime, et à la distance de la 6¨me d'une portée de flèche plus ou moins. (Il semble que ce soit dans ce même lieu que l'abornement du Traité de délimitation de la frontière signé à Bayonne le 2 décembre 1856 y a placé sa borne "212. Au col Orgambidéaco-lépoa, à 200 mètres, à côté d'un trou rectangulaire peu profond mais remarquable par ses parois rocheuses et verticales.". L'actuelle carte IGN nomme ce lieu "col d'Orgambidé" et lui donne une altitude de 988 mètres.)
    8. Item, on posa une autre pierre mouvante avec trois croix dans le parcours Zalbetea, à peu près vis-à-vis Arpea, et distante de la 7.me d'environ deux portées de flèche. (Il semble que ce soit dans ce même lieu que l'abornement du Traité de délimitation de la frontière signé à Bayonne le 2 décembre 1856 y a placé sa borne "213. Dans le parage de Zalvétéa, à 600 mètres du repère d'Orgambidé.". La carte SITNA  Système d'Information Territoriale de Navarre et SIGNA de l'IGN espagnol donnent à ce secteur le nom de Zalbetea.)
    9. On fixa également dans le parcours appelé Ypariaguerreco Lareoburua une pierre avec trois croix, distante de la 8.me D'une portée de flèche plus ou moins, ce qui forme la 9.me borne. (Il semble que ce soit dans ce même lieu que l'abornement du Traité de délimitation de la frontière signé à Bayonne le 2 décembre 1856 y a placé sa borne "215. A 330 mètres, dans un territoire nommé Iparraguerréco-saro-burua, à l'angle S. O. d'un bois de peu d'étendue qui se trouve entre deux ravins. A partir de ce point, la pente descend plus rapidement vers le Nord." L'actuelle carte IGN signale la borne frontière 215 à une altitude de 1020 mètres.)
    10. Item, on plaça pour 10.me borne, dans le parcours appelé le sommet de la montagne D'Yparraguerre, une pierre mouvante avec une croix aux deux côtés, Distante de la 9.me d'une portée de flèche. (Il semble que ce soit dans ce même lieu que l'abornement du Traité de délimitation de la frontière signé à Bayonne le 2 décembre 1856 y a placé sa borne "217. A 900 mètres de la précédente, au sommet d'Arlépoa.". L'actuelle carte IGN signale la borne frontière 217 au sommet du pic d'Arlépoa à une altitude de 953 mètres.)
    11 Item, lonzième borne fut fixée dans le parcours du sommet de pagarteburua, composée d'une pierre mouvante avec trois croix, distante de la 10.me D'environ Deux  portées de flèche.
    12 Item, la 12.me borne fut placée dans le parcours appelé Yparbecoarsaresburua, ou une pierre fut mise avec deux témoins et trois croix et à la distance de l'onzième de deux portées de flèche plus ou moins.
    13. Item, la 13.me borne fut posée dans le parcours appelé arlépoa, dans la direction D'Arpéa


    où l'on mit avec deux témoins une pierre avec trois croix, distante de la 12.me D'une portée de flèche plus ou moins. La nuit qui survint ne permit pas de poursuivre plus loin les opérations; mais elles furent reprises le lendemain 14 du même mois d'Août, et les fondés de
    14  pouvoirs désignèrent pour 14.me borne, une pierre mouvante avec deux témoins et trois croix dans le parcours appelé le pied de la Montagne d'Uzpille, entre les deux eaux qui coulent dans la terre de Cize, et située dans la plaine qui est entre les deux eaux.
    15. Item, l'on désigna pour 15.me borne un Roc fixe qui domine Arpéa vers le canton D'Eroizate, et qui est distante de la 14-me D'environ deux portées de flèche.
    16. Item, la 16.me Borne fut un roc fermé avec deux croix dans le parcours appelé Uztalla ou le milieu du Roc d'Eroizate, distante de la 15.me borne sur Arpéa, de deux ou trois portées de flèche plus ou moins.
    17. Item, on plaça la 17.me borne aux environs d'Eroizate, étant composée d'une pierre mouvante avec une croix, à environ demi journée de distance de la 16.me. (la distance d'une demi-journée semble exagérée)
    18. Item, on fixa pour 18.me borne, dans le parcours du Ruisseau d'higoa (dans l'article 6 du Traité de délimitation de la frontière signé à Bayonne le 2 décembre 1856, ce ruisseau est désigné sous les noms de "Bagachea ou Igoa"), une pierre mouvante, avec une croix sur la Cime, et qui se trouve dans le d. Ruisseau à


    demi journée de distance à peu près de la 17¨me (la distance d'une demi-journée semble exagérée), environ deux portées De DarD. (?)
    19. Item, on désigna pour 19.me borne la fontaine D'Igoa, où l'on plaça deux pierres avec des croix , à environ 6 pas de la fontaine, la plus grande desquelles croix donnant sur le côté de la vallée de Cize et la plus petite sur celle d'Ahezcoa (Il semble que ce soit dans ce même lieu que l'abornement du Traité de délimitation de la frontière signé à Bayonne le 2 décembre 1856 y a placé sa borne "223. A 730 mètres, à droite de la fontaine d'Igoa.", cette fontaine est nommée Source de Biscarrotché par l'actuelle carte IGN), et l'eau de la dite fontaine se dirige par entre les deux pierres vers Irati, entre les dits terrains, ports et montagnes des D. ville et terres, où ils confinent et qui s'etendent jusqu'à l'eau qui se dirige vers Huart au confluent de la dite eau ou fontaine et depuis l'eau d'Huart jusqu'au confluent de la rivière de sagarcetta, et depuis la rivière Rio (?), jusqu'au confluent de la principale rivière D'Irati où suivant leur dire se terminent les limites, ports et Montagnes des d. ville de jean Pied de port et terre de Cize d'une part, et de la dite terre D'Ahezcoa de l'autre (Il semble que ce soit dans ce même lieu que l'abornement du Traité de délimitation de la frontière signé à Bayonne le 2 décembre 1856 y a placé sa borne "224. A la jonction des deux ruisseaux d'Igoa et d'Archilondo, à côté du chemin qui suit la rive gauche du premier. Ces deux ruisseaux réunis forment celui d'Egurguy qui divise les deux Etats jusqu'à son confluent avec l'Ourgatsaguy.", l'actuelle carte IGN place la borne frontière 224 à la confluence du vallon Est du col d'Errozaté avec ArchilondokoErréka à une altitude de 850 mètres), et attendu que dès que les arbitres et fondés de pouvoirs eurent achevé ce travail de la Démarcation, dirent que faute de visiter chaque année les d. limites et bornes, il pourrait arriver quelque fourberie ou désagremt (désagrément), soit en trouvant de moins quelques unes des dites pierres, soit que quelqu'un pourrait effacer leurs marques, ils statuèrent que le 4 du mois de juillet de chaque année, désigné dans la terre D'Ahezcoa par le nom de Franslata sancti Martini, les dites bornes et abornement d'entre les dites ville et terres


    seraient visitées désormais par des personnes nommées à cet effet par les Dites ville et terres, lesquelles personnes devront pourvoir aux changemens qui pourraient y survenir, et que cette visite commencerait à la fontaine d'Igoa le dit jour 4 juillet de chaque année successives; et au cas ou les Députés des d. ville et terre de Cize se trouveraient le jour désigné au dit lieu pour procéder à la reconnaissance et qu'ils la feraient en voyant toutes les bornes, et que les députés de la vallée d'Ahezcoa ne s'y trouvassent point, que ceux-ci payeront sans aucune difficulté les frais jugés raisonnables que chaque député de st jean et Cize auraient fait en raison de la d. visite, et vice-versa pour ce qui regarde les députés d'Ahezcoa envers ceux de st jean et Cize parce que cela est ainsi ordonné. En plus il est ordonné et déclaré que les d. bornes et abornement vers la partie de Cize sont propriété et possession de la ville de st jean et Cize pour les habitans tant présens que futurs; de même que les bornes et abornement du côté d'Ahezcoa sont propriété et possession des habitans de cette vallée tant pour le présent que pour l'avenir. Nous dits notaires avons été requis de faire tant d'actes publics que de besoins, retenant par devers chacun de nous registre et original, et de délivrer deux de ces actes en dues formes, l'un à la ville de stjean et terre de


    Cize, et l'autre à la vallée D'Ahezcoa les dites clauses furent faites et orDonnées devant les dits fondés de pouvoirs et arbitres et les témoins Xa:        En foi de quoi, fait à st jean Royaume de Navarre le dernier jour de mars 1559 et avons signé.

    (l'article 6 du Traité de délimitation de la frontière signé à Bayonne le 2 décembre 1856 reprendra la même limite frontière que celle de la sentence arbitrale de 1556: "Du confluent de l'Uratsaguy et de l'Egurguy, la frontière, conformément à la sentence d'abornement convenue en 1556 entre les fondés de pouvoirs de la vallée de Cize en France et celle d'Aezcoa en Espagne, remontera successivement par les ruisseaux d'Egurguy et de Bagachea ou Igoa, et passant par le scel ou bergerie d'Erosaté, par Arlepoa, Pagartea, Iparraguerre, Zalvetea, Orgambidea, Idopil, Lecea et Urcullu, arrivera au col d'Iriburieta ou Iasaldea.")

    Acte de ratification        In Dei nomine, amen. Soit notoire et public à tous ceux: qui ce présent acte public de ratification verront et entenDront que le 14 février 1558, dans le Royaume de Navarre; terre de Cize, et dans l'église de la Magdeleine de Récluse (il doit s'agir de la chapelle Sainte-Madeleine-de-la-Recluse à Saint-Jean-le-Vieux), assemblés au lieu orDinaire pour conférer sur les biens communaux des Dites ville et terre, et aux fins plus bas exprimés, en présence de Xa: Les dits Députés des dits villages de la vallée de Cize et quelques autres habitans du même pays, prirent connaissance des arrangements et démarcation de limites faits et conclus par le papé, au moyen desquels ils sont orientés sur la ligne de séparation des ports, montagnes et terres des d. ville de st jean et Pays de Cize, d'une part, et de la vallée D'Ahezcoa de l'autre, en outre lecture ayant été donnée aux susdits par le sec.re (secrétaire) de la D. ville, des pouvoirs sus mentionnés, et de tout le contenu dans l'acte public y inséré et signifié par j.n de garayoa; et dis que les susdits jurés, fondés de pouvoirs et autres membres de la dite assemblée eurent pris connaissance des d. arrangemens et démarcation des limites, ils furent d'accord pour la condition d'observer la facerie qui a existé de tout temps, et que les troupeaux, nimporte de quelle espèce de la ville de st jean et vallée de Cize puissent sans aucun obstacle paître de soleil à soleil,


    ainsi qu'ils ont accoutumé, dans les terrains, montagnes et ports de la dite vallée d'Ahezcoa; et qui les bestiaux de la dite terre d'Ahezcoa n'importe de quelle espèce, puissent jouir et paître de soleil à soleil d'après la manière accoutumée, dans les terrains, ports et montagnes des d. ville de st jean et Pays de Cize, et pour ou que par une manière qu'on appelle vulgairement Erenzar, ceux de la dite vallée d'Ahezcoa ne puissent point carnaler aucuns troupeaux de la D. ville de st jean et terre de Cize dans leurs d. montagnes et parcours, ni ceux de la dite ville de st jean et terre de Cize, dans les montagnes et parcours de ces Derniers, des bestiaux qui appartienDraient à la dite vallée d'Ahezcoa, et pour que la dite facerie vaille et puisse s'entretenir, cette manière de carnalem.t (carnalement) (Erenzari) sera prohibée et n'aura pas lieu, n'importe dans quel endroit que ce soit. Les susd. (susdits) membres de la Dite assemblée, chacun suivant ses pouvoirs et au lieu et nom de ceux de la Dite ville de st jean et terre de Cize, tant en leur propre nom, qu'en celui des habitans, approuvent et ratifient dans les meilleures formes qu'ils peuvent et doivent les dites conventions de démarcation des limites ainsi que chacune des clauses contenues


    dans le dit acte public, et promirent fiDélité tant en leur propre nom qu'en celui des habitans de la Dite ville de st jean et terre de Cize, que chacune des dites clauses contenues dans le dit acte public, ils le prenaient pour valable et stable, et qu'ils n'y contrevienDraient point: en sûreté de tout quoi iks engagèrent leurs personnes et biens, comme aussi les biens et rentes des d. ville de st jean et terre de Cize et habitans, les soumettant à toute juridiction, et ils requirent en raison du droit de possession, acte ou actes publics de tout ce qui demeure relaté plus haut devant les témoins ci présents Xa- -

    Acte de ratification.
        In Dei nomine, amen. Soit notoire et manifeste à tous ceux qui le présent acte et instruement public de sentence arbitrale verront et entenDront que l'an 1558, au village d'Aribe, vallée d'Ahezcoa, sous le porche de l'église paroissiale du dit village, par mandat de Xa. se trouvèrent présents Xa- tous Alcalde, Députés et Regidors de la d. vallée d'Ahezcoa, par devant moi - - notaire Royal lecture leur fut donnée de la sentence arbitrale précitée, et expliquée dans la langue vulgaire Basque, à haute et intelligible voix depuis le commencement jusqu'à la fin de manière que tous les les d. alcalde, Regidors, Députés et jurés purent entendre et comprendre tout le contenu dans la D. sentence et acte de


    Démarcation des limites, comme aussi tout ce que contenait l'acte de ratification accordé par les jurés de la dite ville de st jean et les maire et Députés de la vallée de Cize, suivant la forme et teneur que l'on voit dans les dits actes de concession, démarcation et division de terrains, passés entre la dite ville de st jean et terre de Cize d'une part, et la dite terre d'ahezcoa de l'autre; après lecture donnée par moi notaire de tout le contenu dans l'instrument et acte public de concession de la d. terre de Cize et ville de st jean; tous les susd: alcalde, Regidors et jurés de chacun des villages réunis à l'unanimité et tous étant également d'accord; attendu que le d. acte de fixation de limites, Sentencié et approuvé par les susd. arbitres et fondés de pouvoirs des d. terres et ville de st jean, était et est encore pour le bien commun et l'utilité générale, tant pour ceux de la dite ville de st jean et terre De Cize, comme également pour laDite terre d'Ahezcoa ou habitans, et qui était ratifié et approuvé par ceux de la Dite ville de st jean et terre De Cize, et en leur nom par les fondés de pouvoirs, comme il couste (?) plus amplement du dit acte de Concession et ratification retenu Xa- lesquels étant en assemblée parfaitemt- (parfaitement) d'accord déclarèrent à l'unanimité se référer au dit acte de concession et ratification, et approuver en un tout


    le contenu du dit acte de fixation de limites et démarcation de la frontière pôur le présent et pour l'avenir, suivant la forme et teneur, avec les clauses et de la manière expliquée dans l'acte de concession et instrument public de ratification accordé par les jurés de la dite ville de st jean et Regidors et Députés de la vallée de Cize; et voulant et désirant que le dit acte de démarcation des frontières ait son plein et entier effet point par point, ils ont ratifié et approuvé tout ce qui y est contenu et ont declaré en faveur de l'acte de concession et ratification par ceux de la vallée de Cize Regidors et Députés de la ville de st jean tout ce que que de droit et de fait ils peuvent et doivent, tant en leur nom propre qu'en celui de Regidors, députés et jurés des villages de la D. vallée sous les conditions refermées dans le même contrat et compromis, engageant pour l'observance Des dits compromis et sentence arbitrale, leurs biens, de même que les dits Regidors et jurés ceux de leurs Corporations, chacun d'eux renonçant à ses propres privilèges, usages, coutumes, sous les clauses, soummissions, obligations et renonciations d'usage dans de pareilles Concessions ou ratifications de démarcations de limite de frontière.
        Les Susdites parties requirent de moi d. notre- (notaire) de passer le susd. acte de concession et ratification pour que chacun conserve et demeure en possession des droits qui lui appartiendraient. En fait de quoi Wa- = juan de garayoa Notre.= (Notaire)


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  • Malgré des accords de lies et faceries ou passeries, fort (fors) lointains pour les premiers, la jouissance des pâturages de la montagne d'Ossoue situés sur le versant français des Pyrénées fut l'objet de conflits; qui firent des morts, entre les habitants de la vallée française de Barèges et ceux de la vallée espagnole de Broto.

    Au tout début du 14ème siècle, une bataille entre Barégeois et Brotois eut lieu dans la vallée d'Aussoue (Ossoue), au-delà du bois de St Savin, dans un petit plateau situé sur la rive droite du Gave. Les morts furent enterrés sur place, aux Houssats de Menjine (fosses de Menjine). Les Brotois, vaincus, demandèrent la paix, qui leur fut accordée, on ne sait à quelles conditions.

    En 1330 une Sentence Arbitrale, rédigée en espagnol, fut prononcée entre la vallée de Broto et celle de Barèges, sur et à cause des appartenances et propriétés, usage et jouissance des herbages et ports, limites et montagnes des deux vallées... Ports adjugés à ceux de cette vallée de Broto: Les Ports pour dépaissance, depuis les Pierres de saint-Martin et du Port, et de là vers l'intérieur, eau versant vers Gavarnie, et du Port des Espécières à l'intérieur, et des Ports d'Aussoue, du Tapou, de Pla de l'Aube et de Coumunau, eau versant aussi vers Aussoue, et comme se dirige la crête du Port d'Aspé, droit eau versant au gave d'Aussoue, et droit comme se dirigent les crêtes et combes de la Coste de Coumassiouse, droit eau versant à Saint Savin, et de là aux escarpements du Pèdet Tézi, et des escarpements du Pèdet Tézi, par la base des escarpements, revient au bois de St Savin, et de là va droit à la lisière de la forêt de Hole, suivant la lisière de la forêt jusqu'aux rochers de l'Oule. Tout ceci fut adjugé par lesdits arbitres pour 101 ans au Val de Broto, et voulurent qu'ils fussent francs et libres, et que ceux de Barège ne les inquiétassent pas quand ceux de la dite vallée y feront paître leurs bestiaux, sous les peines contenues dans les compromis. Vient ensuite l'adjudication que l'on fit à ceux de Barèges, qui, bien qu'elle soit en caractères lisibles et non malaisés ne se spécifie pas ici. Laquellle sentence fut prononcée par les dits Arbitres, avec authenti(fi)cation des commissaires nommés, l'un par l'Espagne et l'autre par la France, avec commission chacun de son souverain. Et ceux-ci confirmèrent la dite sentence en tout et pour tout, et ordonnèrent là même que dorénavant elle fut observée et accomplie, sans s'écarter de sa teneur en aucune manière, sous les dites peines imposées. Et aussitôt la dite sentence exprimée, ils la firent publier dans chacune des dites vallées adjudicataires.
    Cette copie de la dite sentence est certifiée et signée par Garcia la Cadena, notaire Royal, habitant en la ville de Broto, mais l'original, qui est en une peau de parchemin, fut donné et fait à l'Hôpital du village de Gavarnie par témoignage de Ramond de Math, notaire de France, en l'an 1330 de la Nativité de N. S.)

    En 1356, la maison des Hospitaliers de Gavarnie possédait de nombreux troupeaux qui paissaient l'été sur les montagnes de Gavarnie avec les troupeaux des habitants de la vallée de Barèges et d'autres troupeaux venant d'Espagne. Ce grand nombre de brebis tondait l'herbe que les Barégeois auraient voulu pour leurs troupeaux, nombreux aussi, d'autant plus qu'un grand nombre de pâturages, et non des moindres, étaient affermés aux espagnols pour subvenir aux besoins de la vallée. Les représentants des syndics soutenaient que les Hospitaliers n'avaient aucun droit de mettre leur bétail sur les montagnes qui étaient la propriété exclusive des habitants de la vallée de Barèges depuis que Charles Comte de Bigorre (plus tard Charles IV le Bel) avait affiévé en 1319 toutes les montagnes aux habitants de la vallée, perpétuellement, moyennant une redevance annuelle de 100 sous tournois. Suite au procès qui eut lieu à Luz, opposant les religieux de Gavarnie aux syndics de la vallée, une action amiable intervint entre le Précepteur de Gavarnie et la vallée de Barèges et les Hospitaliers jouirent désormais des mêmes droits que les Barégeois.

    En 1390 Une Sentence Arbitrale entre les vallées de Barèges et de Broto prévoit que les procureurs des deux vallées se réuniront une fois par an en l'Hôpital de Gavarnie, le jour de Sainte-Marie-Madeleine, pour régler les conflits et perpétuer la paix. Ce même traité précise les possessions et jouissances des Ports et Montagnes:
    "Item. Reconexen losd. arbitres que tots temps que cartes ni testimonio no es en memoria de contradiction auguna, los ports que son de las Peyras de Sen Marti enbat agua bessant enta part de Gavarnia e dels ports de Especiella et de Ossoa de Aralba d'Allans (Asper) la costa d'Araquafort de quant enbat entio la font de Soberpeyra entio a Lonton de Salguer o entio a Campelh de Salguer entio a Lont Baradgin entio a las fitas qui son entre Comeli e Alans cum talha a la soqua de Alans entio al Port Bielh de Alans sien tots temps uns comunals entre los bals soberdits de Baredge, so es a saber del bic det Plaa d'Esterre e de Darrerayga, e del bal de Broto e dels habitants en aquera qui tots temps en memoria james fon e son encore de présent E que per la soberdita comunitat dels ports davant dits e per la usitiva frequentacion e aysura de pexer en quan cada una de las parts estaben et hitaben en un essor espedile que per la begade se agossen a crecher rumors entre lor et per do e tant per autres carnals, bitioos, e autres delinquients qui son estads entre las soberditas partides aquets son benguts en granes e immoderades guerres destructions e autres mals se son enseguito a cada una de las partidas. E cum a loffici de arbitrales se especie esser asgardade declarar e tirar guerra, destructioos e autres mals qui enter las parts comprometentz sien o esser pusquen per ostar aqueres per so los dits arbitres e amigables, composidors sentencien, pronuntian, declaren e deius la pena al diu compromis contenguda dicen, ordenan que los paxements, herbatges e espleyts dels dits ports comunals entre las parts sobreditas sien partils por 101 ans del present die en la condadors seguents continuals, complets è acabats en la forma e maneyra que deius es scriut e contengut.
    Item. Los dits arbitres e amigables composidors sententian, arbitran, declaran e degus la pena al dit compromis contenguda, dixen e ordenan que la paxensa e los herbatges, aygues, lenhas, jazillas, espleytas dels ports aixi cum talha lo port de Poey Morons agua bessant enta Salguer e de part la serra de Asper a la serra e Soques de Armanhau e daqui al Poey de Tezi e cum talha lo Sarrat e la Ceda del Poey del Tezin e daqui tio dens au Gabe que tot agua bessant enta part del port de Salguer e de Campelh E lo port de Alans e cum talha lo gave enta part del port de Alans entio al port Bielh de Alans e entio a las Fitas de Comeli que sier las paxenses; erbes, espleytas daquets durant lo dict temps de 101 ans de las gens qui ara son e per temps seran hitants en Baredge, so es assaber dels locs dels bics del Plaa de Darrelaygua e del loc desterra, losquals  en lo comunal antiquamens esser solen e que duran le temps de 101 ans en aquets ports per los hitants qui ara son e per temps en bal de Broto contrast, guerre demande ni litige degun nels y pusquen ni sie feyt ni mangud e asso degus la pena e locas el düt compromis contengud en pero que quant los düts 101 ans passats perfeytament que los gens que la hora seran de los dits bals de Baredge e de Broto que si bolen tier ni observar lo düt departiment o si no que puscan tornar uns e comunals segunt los termis dessus dits aixi cum entio ara son seguits..."


    Les accords d'une durée de 101 ans, prévus entre les vallées de Barèges et de Broto par la Sentence de 1390, expirèrent en 1491 et ne furent pas renouvelés. Cependant ils continuèrent d'être respectés pendant encore qualques années. Les différends recommencèrent vers 1560 et une nouvelle Sentence Arbitrale fut conclue à Luz le 11 juin 1563.
    Acceptée par ceux de la vallée de Broto, elle ne plut pas à ceux de la vallée de Barèges qui firent appel. Cette Sentence ne faisait que confirmer celle de 1390, contre laquelle ils protestaient. Ils s'adressèrent au Parlement de Toulouse et obtinrent, en 1572, un Arrêt qui les remit en possession de tout le versant septentrional à partir de la ligne de partage des eaux qui sépare les deux vallées.
    Mis au fait de ses disputes, le 11 mars 1574, le Roi d'Espagne, Philippe II, désigna un député pour, de concert avec un commissaire du Roi de France, terminer tous les différends nouvellement survenus entre les deux Vallées.
    Il fut procédé à la reconnaissance et à l'abornement des montagnes, sur la base de la sentence de 1330. Des témoins furent entendus à Broto et à Luz.
    Le 1 juillet 1575 une nouvelle Sentence Arbitrale fut prononcée, confirmant sur bien des points celle de 1330, surtout en se qui concerne les montagnes adjugées à chaque vallée. Elle règla comme suit la question de propriété:
    La vallée de Barèges cèda pour toujours, aux Brotois, la pleine propriété de l'eau versant en deça et depuis les Peyres de Sent-Marti Pierres de saint-Martin), à la réserve du terrain de Gavarnie, qui serait à jamais possédé en commun et en indivis par les deux vallées.
    En retour, la Vallée de Broto était tenue de payer à celle de Barèges pour tout droit de lésion et de nouveau partage, une somme de douze cents ducats ou livres jaqueses, en deux payements égaux, dont les époques ne furent pas stipulées, et en attendant le payement, d'en servir l'intérêt annuel fixé à 60 ducats et 12 réaux, faisant 72 livres jaqueses, payable à Gavarnie le jour de la fête de Sainte-Madeleine.
    Les deux parties acquiescèrent à ce traité, Ainsi la vallée de Broto revenait, pour les limites, à la Sentence de 1330, elle abandonnait définitivement Aspé, Saubè, Pouyade et Arrouye et Allanz. Les Brotois avaient de cette dernière montagne une connaissance plus approfondie que les Barégeois, car les bergers aragonais d'Aussoue continuèrent d'aller y chercher là l'almagre, ou ocre rouge dont ils marquaient leurs moutons, et dont ils n'ont voulu révéler le gite à aucun Barégeois.

    Régulièrement, l'Assemblée des délégués des Brotois et des Barégeois se réunira le 22 juillet, à Gavarnie, pour régler à l'amiable les points litigieux et prendre les décisions pour les cas qui n'avaient pas été réglés. Ainsi, le 22 juillet 1596, "il fut défendu aux Bézis des deux vallées d'introduire dans les pâturages communs, du bétail étranger; gros ou petit, à peine de 50 livres jaquéses de pignore."

    Le 1 novembre 1624 un traité fut signé à Tarbes .
    "Il y est dit que les parties conviennent que ni cet acte, ni les Traités particuliers qu'elles pourront faire à l'avenir, ne pourront nuire ni préjudicier aux droits que les deux Vallées prétendent avoir de part et d'autre, sur les biens contentieux, lesquels droits les parties se réservent en leur entier pour s'en servir à l'avenir.
    Elles avouent que les droits des deux couronnes étaient demeurés indécis dans les Sentences Arbitrales rendues jusqu'alors, sur quoi il fut résolu de supplier Leurs Majestés Très Chrétienne et Très Catholique d'envoyer des Commissaires sur les lieux contentieux, avec pouvoir de déterminer et traiter les différends et contestations qui pouvaient être pour raison de la Souveraineté, Bornes et Limites desdits lieux, ensemble décider tous autres différends mus ou à mouvoir entre lesdites Vallées, étant accordé que jusqu'alors celle de Broto aura la liberté de jouir des Montagnes contentieuses et d'y mener des troupeaux en toute sûreté."

    Le traité des Pyrénées, signé le 7 novembre 1659 sur l'île aux Faisans, au milieu de la Bidassoa entre Hendaye et Irun par les Premiers Ministres français et espagnol (le Cardinal Mazarin représentant Louis XIV pour la France et Don Luis de Haro représentant Philippe IV pour l'Espagne), accompagné d'un contrat de mariage de l'Infante Marie Thérèse (fille ainée de Philippe IV d'Espagne) avec son cousin germain Louis XIV le roi de France, tous deux âgés de 21 ans, stipule dans son Article 42 que "les monts Pirenées, qui avoient anciennement divisé les Gaules des Espagnes, seront aussy doresnavant la division des deux mesmes Royaumes". La ligne de partage des eaux était acceptée des deux parts contractantes, comme limite des deux Etats.
    Le traité ne supprime pas les droits de "lies et passeries" mais ne délimite pas la frontière, la vallée de Broto utilisera toujours les pâturages de la montagne d'Ossoue !

    En 1734, contrairement aux stipulations des concordes, des gens de la vallée de Barèges se mirent à bâtir des maisons et à enclore des prairies dans les terrains communs aux deux vallées.
    Le curé de Luz prétendit à la dîme des troupeaux espagnols de Broto qui venaient pacager sur le versant français...

    L'article 15 du traité de délimitation de la frontière signé le 14 avril 1862 à Bayonne a fait, que les sept quartiers de la montagne d'Ossoue (de Pouey Aspé, des Especières, de Pouey Arraby, de Sécrès, de Pla-Laccoum, de Pouey Mourou et de Lacoste) sont la propriété commune de la vallée française de Baréges et de la vallée espagnole de Broto, ils sont compris dans la circonscription cadastrale de la commune de Gavarnie et ont pour limites: "du côté du Sud, la frontière internationale depuis le sommet du Vignemale jusqu'à la Brèche de Roland; du côté de l'Ouest et du Nord, à partir du Vignemale, premièrement : la très haute crête rocheuse et abrupte qui partage les eaux allant au Sud dans le gave d'Ossoue, au Nord dans la vallée de Saint-Savin ou de Cauterets; secondement : la crête moins élevée qui se détache de la précédente au delà du pic de Pouey-Mourou et sépare la montagne d'Ossoue de la commune de Gèdre, jusqu'à l'origine du Barrancou ou ravin de Coumaciouse, lequel divise le quartier de ce nom, l'un des communaux particuliers de la vallée de Baréges, d'avec celui de Lacoste, l'un des sept de la montagne d'Ossoue, et, enfin, du côté de l'Est, une ligne sinueuse fermant le périmètre depuis le Barrancou de Coumaciouse jusqu'à la Brèche de Roland, et qui est déterminé, comme il est dit ci-après, par vingt-six croix à double branche, pareilles à celles des trois zones délimitées plus haut, mais chacune d'elles est accompagnée de son numéro placé en dessous."

    Chaque année, lors de la dernière semaine de juillet, une grande transhumance permet à près d'un millier de vaches de la vallée espagnole de Broto de franchir le col de la Bernatoire (2336 m), où est gravée la croix frontière numéro 317, pour venir pacager jusqu'au mois de septembre sur le versant français, délimité par les sept quartiers de la montagne d'Ossoue, qui offre de riches pâturages nommés "Ossonne Montagne" sur la carte de Cassini réalisée d'après des levés effectués entre 1756 et 1789.

    En 2014, j'ai effectué plusieurs randonnées dans la montagne d'Ossoue et ses sept quartiers, qui possèdent de magnifiques sites et qui délivrent de superbes panoramas. Très riche en flore, la faune y est également très présente. J'ai passé du temps, en m'amusant, à rechercher quelques traces d'abornements du temps passé...

    (Documentation, Archives départementales des Hautes-Pyrénées, Commission syndicale de la Vallée de Barèges)

    Voir galerie photos des limites du côté de l'Est

     

     


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  • Abornement des sept quartiers de la montagne d'Ossoue
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  • Résumé de l'histoire complexe d'un simple territoire: le Pays Quint (en français), Quinto Real (en espagnol) ou Kintoa (en basque)

    Voici l'histoire "surfée" d'un bout de terrain Franco-Espagnol partagé par les vallées de Baigorri, actuelle vallée des Aldudes en Basse-Navarre (France), de Erro et de Baztán dans l'actuelle Communauté Forale de Navarre ou Comunidad Foral de Navarra (Espagne).

    En 824, les vascons fondent le royaume de Navarre.
     
    En 1237, la couronne du royaume de Navarre (Teobaldo I ou Théobald 1er ou encore Thibaut de Champagne, 1201 Troyes -1253 Pamplona, roi de Navarre de 1234 à 1253) décida d'imposer les éleveurs de porcs situés sur son territoire en appliquant le droit féodal du Quint qui correspondait au cinquième de la valeur de leurs élevages. Donc rien à voir avec Charles Quint, les porcs s'en "glandent". Le nom de Quinto Real fut ainsi donné au territoire soumis à cet impôt, Kintoa en basque et Pays Quint en français.

    Au 14 ème siècle, le Quinto Real également nommé Monte Alduide qui appartenait à la vallée de Erro, était exploité par la vallée de Baigorri (Baïgorry).

    En 1505, le vicomte d'Echauz (Baïgorry) concède ses droits par une facerie à la faveur de la vallée de Baztan. Les vallées de Erro et de Baztan se partagent la propriété du Monte Alduide.

    En 1512 le royaume de Haute-Navarre ainsi qu'une partie de la Basse-Navarre (Jean III d'Albret) est conquis par les armes par le royaume Aragon (Ferdinand le Catholique) et sera intégré en 1516 au royaume d'Espagne.

    En 1528 Carlos V (Charles Quint) renonce à la Navarre. Il n'en avait rien à "glander".

    Pendant ce temps dans le Quinto Real, territoire resté indivis entre les vallées de Erro, du Baztan et de Baigorri, des tensions vont naître au début du 16 ème siècle, concernant la propriété et les usages des pâturages. Des incendies de bordes et de récoltes, des vols de bétails entraîneront des affrontements armés.

    En 1589, la Basse-Navarre, indépendante, intégrera la couronne de France lorsque Henri III de Navarre montera sur le trône de France. Il deviendra Henri IV roi de France et de Navarre. Celui qui prenait des pots avec les "poules" et non pas la poule au pot.


    En 1612, une conférence de paix est organisée sur le nouveau pont d'Arnégui qui enjambe la rivière de Valcarlos actuelle Nive d'Arnéguy, construit pour la circonstance, avec une caseta (baraque) au milieu dans laquelle il y avait deux tables séparées par une ligne peinte en blanc pour recevoir les délégations venues négocier.  

    Les capitulations royales de 1614 qui accorderont la jouissance de la zone Nord  du Quinto Real ou Monte Alduide à la vallée de Baigorri, et le traité des Pyrénées du 7 novembre 1659 ne solutionneront pas les conflits.

    En 1702, des conférences eurent lieu entre les commissaires français et espagnols assemblés à Arneguy "pour regler les differents survenus au sujet des montagnes D'Aldude". Ces conférences débutèrent le 16 septembre "on s'assembla le même jour sur les neuf heures et demye du mati. (matin)
    Messieurs les comm.res (commissaires) de france accompagnés de plusieurs gentilshommes de basse Navarre s'avancerent vers le lieu de la conference. Et M.rs (Messieurs) les comm.res (commissaires) d'Espagne Se mirent en chemin en même temps affin d'arriver sur le pont dans le meme moment.
    Ils entrêrent en même temps dans la chambre bastie pour les conferences chacuns par la porte qui êtoit de leur costé, et s'estant assis aux deux costés d'une table longue posée au milieu de la chambre et sur la ligne qui marquoit la separaon (séparation) des deux Royaumes. Monsieur Lebret fit quelques complimens en latin ausquels D. juan de Riomel aiant repondu en Espagnol. M. Lebret continua en françois..." Si les conférences débutèrent avec de bonnes intentions, très vite les commissaires s'aperçurent qu'ils n'étaient pas investis des mêmes pouvoirs. Les français étaient chargés de "terminer les differens qui sont survenus entre les Sujets des deux couronnes au sujet de l'usage et jouissance des Montagnes D'aldude" et les espagnols étaient chargés "de planter des Bornes pour separer les deux royaumes"...


    Le 27 août 1785, le traité de Elizondo fixera la frontière entre la France et l'Espagne mais toujours pas la fin des conflits. L'abornement "pour le partage et la division des aldudes ou Quint Roïal et de val-carlos" débuta le lundi 29 août 1785 sous la direction du comte François Marie d'Ornano pour la France et de Messire don Ventura de Caro pour l'Espagne "sur la Montagne de Beorzu et au terme qui divise les aldudes ou Quint Roïal d'avec la vallée et université de Bastan en la haute Navarre". Comme premier repère, une borne fut placée "au dit lieu de Beorzu et a trois toises de distance du Rocher d'harguibel dans sa partie occidentale et sur les versans des aldudes et de Bastan avec une croix sur chacune de ses faces qui sont tournées vers les aldudes et Bastan", le 5 ème repère fut une borne "avec des croix sur ses faces qui sont tournées vers Baigorry et Bastan, à l'extremité de Beorzubustan et au lieu appellé harriluch les coins de cette borne indiquent la ligne droite qui suit d'ici a Ysterbeguy monhoa, et c'est ici encore qu'on abandonne les versans de Baigorry et de Bastan". Le 30 août 1785, le 17 ème repère, une borne fut placée à la droite du cours de "la riviere de Sabiondo" actuellement nommée Lohitzeko Erréka. Le 31 août 1785, le 20 ème repère fut une borne placée "au somet le plus élevé d'Ysterbeguy-monhoa" actuellement nommé Ichterbegui "on a sculpté deux croix a cette borne comme étant a l'un des principaux points de la ligne où elle forme un angle, en tirant une autre ligne droite a Lindus monhoa". Le 2 septembre 1785, une borne en tant que 44 ème repère, fut placée "au sommet de lindus monhoa ou Goiticoa qui est un des points principaux de la ligne, et a deux cent seize toises de distance de la précédente" et en tant que 46 ème repère, une borne fut placée tout près de l'actuel col de Lindus "a la cime la plus immediate de lindus Balsacoa qui verse les eaux d'une part a Val-carlos et de l'autre a aguira ou hayra. Il a été sculpté deux croix aux deux faces de cette borne, et un angle audessus qui denote celle que forme la direction de la ligne qui vient d'Isterbeguy-monhoa et lindus monhoa avec celle qui depuis cette borne se forme en suivant la chaine des versans de val-carlos et aguira ou hayra. Et les députés de la vallée de Bastan et de la Paroisse de Burguette se sont retirés n'aïant plus aucun interet dans la démarcation qui doit suivre dans cette partie".

    Le traité de Bayonne du 2 décembre 1856, la convention additionnelle du 23 décembre 1858 et ses annexes, délimitent le Quinto Real en deux zones, le Quinto Real Septentrional au Nord de la ligne de partage des eaux ou "Divisoria" dont les habitants de Baïgorry acquerront la jouissance exclusive et perpétuelle de ces pâturages moyennant une rente annuelle et le Quinto Real Méridional au Sud de la ligne de partage des eaux dont les vallées de Baztan et d'Erro accordent aux troupeaux de la vallée de Baïgorry, la compascuité avec ceux des espagnols dans les terrains communaux et vagues de ce versant méridional de l'ancien Pays-Quint, moyennant un fermage que le Trésor français aura à acquitter annuellement.

    Le traité du 2 décembre 1856, signé par les Sieurs Jean Baptiste Louis Baron Gros et Camille Antoine Callier pour la France et par les Sieurs Don Francisco Maria Marin et Don Manuel de Monteverde et Bethancourt pour l'Espagne, délimite le Quinto Real Septentrional au Nord de la ligne de partage des eaux ou "Divisoria".
    L'article 7 précise que depuis "Lindus-balsacoa" la frontière "gagnera Lindusmunua et se rendra en ligne droite au pic d'Isterbeguy, et de là par une autre ligne à droite à Beorzubustan pour continuer ensuite par les crêtes jusqu'au col d'Ispeguy".
    L'article 15 précise qu' "Il est convenu en outre que les habitants de la vallée de Baïgorry auront la jouissance exclusive et perpétuelle des pâturages de la partie des Aldudes comprise entre la crête principale des Pyrénées et la ligne qui a été tracée dans l'article 7, de Lindusmunua à Beorzubustan, par Isterbeguy, comme divisant en cet endroit les deux Souverainetés.
    Le territoire dont le pâturage se donne à ferme perpétuelle aux Baïgorriens est celui qui circonscrit une ligne qui, partant de Beorzubustan, suivra la chaîne principale des Pyrénées déterminée par les hauteurs d'Hurisburu, Urtiaga, Ahadi, Odia, Iterumburu, Sorogaïna, Arcoleta, Berascoïnzar, Curuchespila, Bustarcortemendia et Lindusmunua pour se diriger de ce dernier point à Beorzubustan en passant par Isterbeguy.
    Les habitants de Baïgorry acquerront la jouissance exclusive et perpétuelle de ces pâturages moyennant une rente annuelle de huit mille francs, représentant au cours de dix-neuf réaux par pièce de cinq francs, une somme de trente mille quatre cents réaux de vellon, monnaie espagnole".
    L'article 16 précise que "Les vallées espagnoles propriétaires de ces territoires seront obligées, de leur côté, de ne rien changer à l'état dans lequel ces pâturages se trouvent aujourd'hui, et de ne faire aucun défrichement, aucune culture ni aucune construction dans le territoire de ces pâturages ni dans celui des bois.
    Pour la surveillance de ces pâturages et des troupeaux français les habitants de Baïgorry auront le droit de nommer des gardes assermentés qui, de concert avec les gardes espagnols assermentés aussi, veilleront ensemble et collectivement au maintien de l'ordre et à l'exécution des règlements en vigueur.
    Ces gardes seront tenus, en cas de délit ou de contravention aux règlements, de porter leurs plaintes devant l'autorité territoriale".
    Le Décret n°69-829 du 1er septembre 1969 portant publication de l'échange de lettres entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de l'Etat espagnol portant sur la jouissance exclusive et perpétuelle des pâturages du Pays-Quint, signé à Paris le 11 mars 1969 (Journal Officiel du 9 septembre 1969) et concernant le montant de la redevance annuelle payée par la France, en application de l'article 15, précise : "que le Gouvernement français accepte pour compter de l'année 1969, de porter cette somme à 60.000 F, étant convenu que le Gouvernement espagnol prendra de son côté les mesures nécessaires afin de rendre aux pâturages dont il s'agit leur superficie d'origine, réduite au cours du siècle écoulé d'environ un cinquième du fait de l'extension des surfaces boisées."

    L'annexe II de la convention additionnelle du 28 décembre 1858 au traité du 2 décembre 1856, signée par les Sieurs Charles-Victor Lobstein et Camille-Antoine Callier pour la France et par les Sieurs Don Francisco Maria Marin et Don Manuel Monteverde y Bethancourt pour l'Espagne, est "relative à la compascuité dans le versant méridional du Pays-Quint" dont elle fixera les limites et les conditions. L'article premier précise que "les vallées de Baztan et d'Erro accordent aux troupeaux de la vallée de Baïgorry, la compascuité avec ceux des Espagnols dans les terrains communaux et vagues du versant méridional de l'ancien Pays-Quint, moyennant un fermage que le Gouvernement de l'Empereur s'engage à prendre à sa charge et que le Trésor français aura à acquitter annuellement. Ce fermage sera fixé à l'amiable et pour une durée de quinze ans, divisée en trois périodes de cinq ans chacune". L'article 2  précise que "Le territoire de la compascuité sera circonscrit par une ligne qui, partant du col de Curuchespila, sur les confins méridionaux de l'ancien Pays-Quint, suivra, en se dirigeant vers l'ouest, la crête qui passe à Berascoinzar, Arcoleta, Sorogaïn, Iterumburu, Odia, Ahaddi, Ernacelaïeta, Urtiaga, le col d'Urtiaga, Ernalegui, Urisburu, et descendra sur les versants méridionaux pour passer par Gorosti, Segurrecolarea, Alcachury, Gambaleta, Presagaña, Zotalarreburua, Erroaguerri, Lizarchipi, Gorosgarate, Martingorribarrena, Lasturlarre, Lasturcoiturieta, Larreluceburua, et revenir à Curuchespila". Dans l'article 4, "les troupeaux de Baïgorry, moyennant le prix qui y sera stipulé de tant par tête, continueront à jouir des herbes et des eaux des terrains susmentionnés, de la même manière qu'ils en ont joui gratuitement jusqu'ici, pouvant par conséquent demeurer sur le terrain affermé, tant de jour que de nuit, et les pasteurs ayant le droit d'y construire, pour s'abriter, des cabanes en bois, en planches et en branchages, à la façon du pays, et des abris de même sorte pour y enfermer les troupeaux pendant la nuit". L'article 6 ajoute que "Les troupeaux de Baïgorry, pendant qu'ils jouiront de cette compascuité, seront soumis aux lois et conditions établies pour tous ceux qui sont admis par fermage dans les pâturages du pays, et les pasteurs seront considérés comme des étrangers de passage en Espagne : demeurant interdite en conséquence toute pratique qui serait contraire aux droits de souveraineté et de propriété de l'Espagne sur ce territoire. Conformément à l'article 17 du traité, les troupeaux et les pasteurs français qui se rendront dans le Quint méridional pour y jouir des pâturages qui leur seront affermés, n'auront à acquitter aucun droit de douane à leur passage à la frontière".
    L'annexe V de cette même convention additionnelle concerne le procès-verbal d'abornement réalisé sous la direction des Sieurs Jean-Baptiste-Valentin Hutin et Pierre-Gustave Baron Hulot pour la France et des Sieurs Don Angel Alvarez et Don Pedro Estevan pour l'Espagne. Le repère 130, qui est une borne, a été placé "A l'extrémité de Béourzou-boustan, et au petit sommet appelé Arrilucé ou Arluché" où la frontière laisse alors les crêtes et se dirige en ligne droite vers Isterbéguimounoua...  Le repère 141, une borne, a été placé "Au sommet d'Isterbégui-mounoua" où la frontière change de direction et va en ligne droite à Lindous-mounoua... Le repère 153, une borne, a été placé "Au sommet de Lindous-mounoua, au centre d'une redoute ruinée". Le repère 155, une borne, a été placé "au sommet le plus voisin de Lindous-balsacoa, nommé Lindousgoïtia, dont les eaux s'écoulent d'un côté dans la rivière de Valcarlos et de l'autre dans le ruisseau de Aguira qui va aux Aldudes."

      En 2009 la zone Nord ou septentrionale du Pays Quint ou Quinto Real ou Kintoa est toujours un territoire cédé à perpétuité par l'Espagne à la France contre une redevance annuelle. Situé en Espagne, il est habité par une trentaine de français qui payent la taxe d'habitation en France et les impôts fonciers en Espagne. Le courrier, le téléphone, et l'électricité sont du ressort de la France. La police et la douane sont espagnoles. L'entretien des routes dépend du syndic de la vallée de Baïgorry. Les faceries subsistent toujours. Une disgracieuse clôture de fil de fer barbelé marque les limites de ce territoire dont le point culminant est l'Adi ou Ahadi, avec ses 1458 mètres d'altitude.

    Un abornement du périmètre total du Pays Quint ou Quinto Real ou encore Kintoa, comprenant la zone Septentrionale et la zone méridionale, a été réalisé par l'état espagnol après l'abornement de la frontière franco-espagnole qui avait été réalisé en 1858 selon le traité de fixation des limites signé à Bayonne le 2 décembre 1856. L'abornement du Pays Quint ou Quinto Real ou encore Kintoa débute à l'endroit le plus septentrional pour continuer dans le sens des aiguilles d'une montre vers l'Est, le Sud, l'Ouest et le Nord. L'abornement numéro 1 correspond à la borne de la frontière internationale franco-espagnole numéro 130 dite de Behorsubuztan, située sur le petit sommet nommé Arrilucé ou Arluché (949 m) au Sud de Béorzou-boustan ou Behorsubuztan. L'abornement continue direction Sud-Est puis Est-Sud-Est en utilisant les repères de la frontière internationale franco-espagnole jusqu'au sommet de Lindus ou Lindux ou encore Lindous-mounoua (1220 m) où est située la borne de la frontière internationale franco-espagnole numéro 153, point le plus Oriental des limites du Pays Quint ou Quinto Real ou encore Kintoa et où l'abornement quitte la frontière internationale pour se diriger vers le Sud. Les bornes suivantes porteront une numérotation, qui commence à 25, accompagnée de la lettre "q" de Quintoa. Au sommet de Mendiaundi (1213 m) où est située la borne ou muga "35 q", la limite change de direction pour se diriger vers l'Ouest. Au sommet de Zotalarreburu ou Ollarmendi (1207 m), où est située la borne ou muga "64 q L", la limite prend une direction générale Nord pour se terminer à Behorsubuztan ou Béorzou-boustan.

    En 2013, j'ai effectué plusieurs randonnées dans le Quinto Real Nord et Sud afin de réaliser un inventaire des bornes encore existantes pour essayer de dresser une carte de ses limites.

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