• Les bornes frontalières des Pyrénées numérotées de 382 à 410 s'échelonnent du col de Panech au Pont du Roi.

    La Convention additionnelle du 27 février 1863 au Traité de délimitation du 14 avril 1862 précise dans son annexe II: "Les mares d'eau qui se forment de l'un à l'autre côté de la frontière, sur la limite des territoires de Gouaux-de-Luchon et de Bausen, près des cols de Bacanelle et de Cigaléra (repères 397 et 404) sont d'un usage commun aux troupeaux des deux villages. Les troupeaux de Bausen ont faculté, pour se rendre de l'un de leurs pâturages à l'autre, de passer en franchise sur le territoire de Gouaux-de-Luchon, le long de la frontière, sans s'en écarter plus que de besoin, en traversant la crête entre les repères 399 et 400, et au col de Cigaléra (n°404). Bausen devra avertir le maire de Gouaux huit jours d'avance, afin qu'il puisse faire surveiller le passage."

    Un abornement a aussi été réalisé pour le "terrain de Bidaoubous indivis entre les communes de Fos et de Bausen" par quatre croix à double branche "gravées sur la roche vive, chacune avec une lettre majuscule correspondante". A 665 mètres de la croix C, gravée au Mail de Muscadé, a été gravée la croix D "au Mail des Trois-Croix, au lieu dit les Escales, au-dessus du sentier qui longe la rive gauche de la Garonne."

    En 1960, en raison d'un litige avec une exploitation forestière espagnole, il a été décidé de placer une série de six bornes intermédiaires, entre les bornes frontière 408 et 409, ainsi numérotées: 408-I, 408-II, 408-III, 408-IV, 408-V et 408-VI. Finalement ce sont quatre petites bornes qui seront placées, non sans mal vu l'inclinaison considérable du versant de Bidaoubous ou Bidaubus ou encore Bidaubux, entre les bornes 408 et 409, en suivant le cours du ruisseau le plus au Nord qui servira de limite frontière.

    A partir de la borne frontière 409 et jusqu'à la borne frontière 410, il y a deux séries de 7 petites bornes numérotées de 1 à 7. La première série est située en Espagne, sur la rive gauche de la Garonne, la borne numéro 1 est placée non loin de la borne frontière numéro 409, près de la confluence du ruisseau du Terme avec la Garonne. La seconde série est située en France, sur la rive droite de la Garonne, la borne numéro 7 est placée tout près de la borne frontière numéro 410, non loin du ruisseau Argelé. C'est EDF qui a réalisé cet abornement lors de la construction d'un barrage dans le Plan d'Arem. La montée des eaux ayant eu pour effet de faire disparaître la borne frontière numéro 409, une nouvelle borne portant le numéro 409 a été dressée au-dessus. 

    Les cartes IGN à utiliser sont les 1:25000 Bagnères-de-Luchon Lac d'Oô 1848 OT et Aspet Pic de Maubermé 1947 OT.

    Voir galerie photos des bornes frontière 382 à 410




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  • Les bornes frontalières des Pyrénées numérotées de 410 à 426 s'échelonnent du Pont du Roi au Port de Bouet.

    La Convention additionnelle au Traité de délimitation du 14 avril 1862 précise que "Les villages de Sentein et de Bagergué ont l'usage commun du petit bassin fermé dit Tartéraou, au-dessous du passage de la Montagnole (repère international 419) et compris entre la frontière et une autre crête inférieure sur le territoire français." et que "Les villages espagnols de Isil et Alos jouissent en commun avec le village français de Couflens d'un autre petit bassin fermé, semblable à celui de Tartéraou, situé en France au-dessous du port de Salau (repère 422) entre la ligne de faîte des Pyrénées et une crête secondaire que franchit au passage de Crehueta le chemin qui met en communication la vallée espagnole de la Noguéra Pallarésa avec la vallée française de Salat."

    Les cartes françaises d'état-major de 1863 (1:80000), IGN de 1953 (1:20000) et de 1955 (1:50000) désignaient par erreur la frontière franco-espagnole, du pic de Girette au pic des Trois Comtes, passant par le point bas du Port de la Girette (2442 m.). Les espagnols ayant signalé cette anomalie, le 10 septembre 1997 une borne frontière intermédiaire portant le numéro 420 bis a été placée au Passage de la Lègne (2503 m.). Cette borne fabriquée par un entrepreneur d'Arette et constituée de deux morceaux de 250 kg chacun a été transportée par un hélicoptère de la base militaire de Perpignan. Le secteur de Renadge d'en Haut est bien situé sur le territoire espagnol.

    Jean Sermet, Délégué à l'abornement et à l'entretien de la frontière, avait trouvé en septembre 1962 la croix 422 en mauvais état, il en a fait faire la réfection au burin et peindre en rouge la gravure. La roche étant friable et craignant que la gravure ne disparaisse rapidement, il fit graver en 1963 une autre croix sur une meilleure roche, dans un endroit non visible depuis le col pour éviter des tentatives de dégradation.

    La croix frontière 426 gravée "sur la face inclinée d'une roche à 8 mètres du sentier" au Port de Bouet est le dernier repère de l'abornement prévu dans le Traité de délimitation du 14 avril 1862. Le procès-verbal d'abornement précise: "Au delà de ce port, la frontière n'a qu'une courte distance à parcourir pour s'élever jusqu'au pic Naout de Bayaout, où confrontent la France, l'Espagne et le Val d'Andorre, et où se termine le présent abornement.

    Les cartes IGN à utiliser sont les 1:25000 Aspet Pic de Maubermé 1947 OT, Aulus les Bains Mont Valier 2048 OT et Vicdessos Pics d'Estats et de Montcalm 2148 OT.

    Voir galerie photos des bornes frontière 410 à 426

     


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  • Le Traité de Elizondo du 27 août 1785, fixe les limites entre la France et l'Espagne du col d'Izpeguy (col d'Ispéguy) à Irriburieta ou Asaldea (col d'Arnostéguy).

    Deux procès-verbaux d'abornement en ont été réalisés.

    Le premier, entre le 29 août 1785 et le 8 septembre de la même année, concerne l'abornement qui débute à "Beorzu" pour se terminer au "col Iriburrietacolephoa" actuellement nommé col d'Arnostéguy. Cet abornement a été réalisé dans le sens Atlantique-Méditerranée avec 162 bornes ou croix.

    Le second, en deux jours les 21 et 22 septembre 1785, concerne l'abornement qui débute également à "Beorzu" pour se terminer au "col d'Izpeguy" actuellement nommé col d'Ispéguy. Cet abornement a été réalisé dans le sens Méditerranée-Atlantique avec 35 bornes ou croix.

    Les bornes placées sont précisées par le troisième article du Traité: "on fera placer des bornes de pierre par des maçons dans les endroits les plus convenables pour marquer la direction de la ligne, avec du charbon dessous, et deux garands aux deux coins de la borne qui seront faits avec une pierre coupée en deux selon l'usage, et distant chacun d'une demi toise de la borne. Dans les endroits les plus remarquables, on sculptera une croix sur chaque coté de la borne qui sera en face des terres divisées."

    Les distances en toise, entre chaque bornes, ont été "mesurées par une corde". 

    Des croix ont été sculptées sur des rochers à la demande de "Messieurs les Commissaires" ou "lorsqu'il n'est pas possible de placer de bornes", comme pour le repère 108, "il a été sculpté d'une croix dont les extremités sont a l'orient, au midy, a l'occident et au nord, et deux autres plus petites croix collateralles en la même forme."

    Voici un relevé de quelques repères de cet abornement:

    1. Premierement il a été placé une borne au dit lieu de Beorzu et a trois toises de distance du Rocher d'harguibel dans sa partie occidentale et sur les versans des aldudes et de Bastan avec une croix sur chacune de ses faces qui sont tournées vers les aldudes et Bastan, et une pierre faite en deux morceaux pour servir de temoins ou garands à chaque coin de la borne a demi toise de distance, la ditte borne tournée par ses coins du coté des versans. Il semble que Beorzu soit situé à l'Ouest près du sommet de Harguibel (935 mètres), non loin de l'actuelle borne frontière 126.

    20. Et le lendemain trente unieme du même mois d'aout, Messieurs les commissaires s'étant rendus avec les Ingenieurs, les Notaires Députés du jour précédent à la dix neuvieme borne, ils ont continué l'abornement, en plaçant une Borne distante de la derniere de cent quatre vingt neuf toises, au somet le plus élevé d'Ysterbeguy-monhoa. on a sculpté deux croix a cette borne comme étant a l'un des principaux points de la ligne où elle forme un angle, en tirant une autre ligne droite a Lindus monhoa. Il s'agit du sommet d'Ichterbegui (1027 mètres) où se trouve l'actuelle borne frontière 141.

    37. Il a été placé une autre borne sur la hauteur appellée Lezetaco-argaina a deux cent toises de distance de la derniere, et comme le lieu ne permettait point qu'on y plaçat des temoins ou garans, on a sculpté à leur place deux croix sur deux pierres qui sont aux cotés de la borne. Lezetaco-argaina correspond à Lezetako Kaskoa (936 mètres) tout près d'où se trouve l'actuelle croix frontière 150.

    44. Et au sommet de lindus monhoa ou Goiticoa qui est un des points principaux de la ligne, et a deux cent seize toises de distance de la précédente, il a été placé une autre borne. Au sommet de Lindus (1220 mètres) il y a l'actuelle borne frontière 153. 

    46. En continuant la même ligne et a cinquante neuf toises de la derniere borne, il en a été placé une autre a la cime la plus immediate de lindus Balsacoa qui verse les eaux d'une part a Val-carlos et de l'autre a aguira ou hayra. Il a été sculpté deux croix aux deux faces de cette borne, et un angle audessus qui denote celle que forme la direction de la ligne qui vient d'Isterbeguy-monhoa et lindus monhoa avec celle qui depuis cette borne se forme en suivant la chaine des versans de val-carlos et aguira ou hayra. Et les députés de la vallée de Bastan et de la Paroisse de Burguette se sont retirés n'aïant plus aucun interet dans la démarcation qui doit suivre dans cette partie. C'est le lieu où se trouve l'actuelle borne frontière 155, tout près du col de Lindus (1166 mètres).

    54. En continuant de suivre toujours la même chaine de montagnes et a deux cens trente cinq toises de distance de la derniere borne, il en a été placé une autre à la cime la plus élevée de la montagne de Laurinaga, et de sorte que l'on voit très bien de cette borne les trois précédentes. C'est le sommet de Laurigna (1278 mètres) où se trouve l'actuelle borne frontière 161.

    76. a cent soixante dix toises de la précédente borne, il en a été placé une autre avec deux croix au somet de mendimocha qui est un des principaux points de la ligne. l'un des temoins de la d-borne a été placée au sud et l'autre à l'est, pour indiquer la direction de la ligne, et pour cette même fin, il a été sculpté un angle sur la borne. Pour d-borne il faut lire: dite borne, Du sommet de Mendimotcha (1224 mètres) où est située l'actuelle borne frontière 177 la frontière descend à l'Est-Nord-Est vers Arnéguy.

    99. Il a été placé une autre borne avec des croix a cent toises de distance de la derniere au lieu appellé Pertolé sur le bord de la principale riviere de val-carlos et a sept toises et demi du milieu de son lit, et Messieurs les commissaires ont ordonné que depuis pertolé, la ditte principale Riviere de Val-carlos en remontant son cours servira de ligne de démarcation jusqu'a sa jonction avec le Ruisseau de chaparreco-erreca, et que cette borne sera celle qui termine la démarcation qui divise et separe les vallées de Baigorry et val-carlos en assignant à chacune d'elles son propre territoire, qu'ainsi la ligne de demarcation qui se fera désormais sera la division du païs de Cize et de la vallée de val-carlos, a raison de quoi, Messieurs les Commissaires ont permis aux Jurats et députés de Baigorry de se retirer, et attendu lheure tarde, ils ont renvoïé la continuation de leurs operations a demain matin, dont acte. Près du pont de Pertolet (225 mètres) l'actuelle borne frontière 196, qui était placée a cet emplacement a disparu. La Rivière de Val-carlos est l'actuelle Nive d'Arnéguy.

    100. Et le Lendemain sixieme du même mois de septembre, Messieurs les Commissaires s'etant rendus au lieu où le ruisseau de chaparreco erreca se joint à la principale Riviere de Val-carlos, avec les Ingenieurs, les Notaires et les députés des vallées d'Erro et de val-carlos cidessus denommés, ils ont trouvé les députés du païs de Cize qu'ils y avaient mandés, savoir, Fernando Caminando et Martin de Bereterbidé députés d'ondorrolla, Pierre Vidabere et Pierre suar députés d'arneguy, Pierre alberbide et Jean Elissondo députés du païs de Cize, en presence desquels et de tous les autres cidessus dénommés, Messieurs les commissaires ont continué l'aposition des bornes en la forme suivante. au lieu ou le ruisseau de chaparreco erreca se joint a sa principale riviere de val-carlos et a quatre toises du milieu de son lit, il a été placé une borne avec des croix au milieu des prés de chaparrena d'ondarrolla et de suhar d'arneguy, d'où commence la separation du hameau d'ondarrolla d'avec la Parroisse d'Arneguy, et n'aïant pû placer des temoins ou garands a la Borne, il a été sculpté en leur place deux croix a deux rochers qui sont aux cotés de la borne. A partir de de centième repère, la limite frontière se dirige vers le sommet du pic de Beillurti, laissant le hameau de Ondarolla ou Ondarolle à l'Espagne.

    156. a cent quarante toises de distance de la derniere Borne, il a été placé une borne audessus de la fontaine appellée Bidarrayco-ithurria, et Messieurs les commissaires ont ordonné que la ditte fontaine serait commune entre les frontaliers français et Espagnols. C'est à cet endroit qu'il y a l'actuelle borne frontière 201 qui avait été placée à la source de Bidarraï-itourria lors de l'abornement prévu par le traité du 2 décembre 1856.

    162. Et enfin a cent trente toises de distance de la derniere borne, il en a été placé une autre avec des croix au col appellé Iriburrietaco-lephoa dans le même endroit ou était auparavant la Borne ancienne divisoire des territoires d'ahescoa, Erro, val-carlos et cize, et a la vue des Rochers d'urculu. Et le present procès verbal d'abornement a été ainsi fini, Messieurs les Commissaires se reservant de retourner le plutôt qu'il leur sera possible au lieu de Beorzu pour faire tirer la ligne er borner depuis ce point jusqu'a Izpeguy en exécution de ce qui a été arretté par l'article troisieme de leur traité: dont acte. Ce premier abornement prévu par le Traité de Elizondo du 27 août 1785 s'achève au col Iriburrietaco-lephoa,nommé col d'Iribouriéta ou Lasaldéa lors de l'abornement du Traité de 1856 et actuellement nommé col d'Arnostéguy (1236 mètres), où se trouve l'actuelle borne frontière 205.

    Et le vingt unieme du même mois de septembre mil sept cent quatre vingt cinq, Messieurs les commissaires s'etant rendus avec les mêmes Ingenieurs, les mêmes Notaires et les mêmes députés des vallées de Baigorry et de Bastan, dénommés dans le precedent verbal, ils ont ordonné aux dits sieurs Ingenieurs de tirer la ligne divisoire depuis Beorzu jusqu'a Izpeguy par le versand et on a commencé l'abornement en la maniere suivante

    163. au lieu appellé Eyharzecolephoa et a trois cent deux toises de distance de la borne placée à la partie occidentale des Rochers d'Harguibel, il a été placé une borne. Au col d'Eyharza (854 mètres) il y a l'actuelle borne frontière 125. 

    164. a cent huit toises délà et au lieu appellé eyharsetaco monhoa, il a été sculpté une croix sur un grand Rocher pour qu'il serve de Borne. Au sommet d'Eyharza (868 mètres), il y a l'actuelle croix frontière 124 gravée sur un monolithe.

    168. Il a été sculpté une croix pour servir de borne, sur un grand Rocher qui est au col appellé Elorcadicolephoa, a deux cent toises de la derniere. C'est là, à  Elocadico-lépoa, que ce trouve l'actuelle croix frontière 120, prévue par l'abornement du Traité du 2 décembre 1856.

    183. Il a été placé une autre Borne a quatre vingt toises de la derniere sur la cime de la montagne d'Istaux, ou la ligne forme un angle. Il y a un sommet nommé Ichtauz (1024 mètres) mais qui est en France à l'Est de l'actuelle frontière, Istaux correspond au sommet voisin situé au Nord et nommé actuellement Antchola (1119 mètres) où se trouve l'actuelle croix frontière 105 prévue au sommet d'Istauz par l'abornement du Traité du 2 décembre 1856.

    184. a deux cent toises delà, il a été sculpté une croix pour servir de Borne sur un Rocher. De ce point la ligne divisoire continue par les cretes des rochers appellés Zacanecohargaiza jusqu'au petit col appellé Elgaiza et délà par la chaine de Rochers appellés harrigorriac jusqu'a harrigorry Bustan. Messieurs les Commissaires sont convenus de laisser pour la vallée de Bastan la petite partie des versans des aldudes qui est audessus de la d. chaine de rochers jusqu'au somet d'auza, parce que ces versans et le dit col d'Elgaiza sont nécéssaires a la vallée de Bastan pour le passage de leurs troupeaux et sont inaccessibles à ceux de Baigorry a raison de la ditte chaine de Rochers. Le lieu correspond à la situation de la croix frontière 104 prévue dans l'abornement du Traité du 2 décembre 1856, à Zacanaco-argaïna ou Elgaïza.

    189. considerant que si l'on continuait la ligne rigoureusement par les versans depuis la derniere borne, il resulterait des inconveniens pour le passage des troupeaux de Baigorry, la ligne ira depuis Ellorietaco mendia au col de Necaizcolephoa, et au dit col de necaizco-lephoa et dans l'endroit appellé dorragaraico borda buruya, il a été placé une borne a cent quarante toises de distance de la precedente, tout cedessus a été fait par l'ordre de Messieurs les commissaires qui ont laissé pour la vallée de Baigorry la petite partie des versans de Bastan qui se trouve entre cette ligne et le sommet d'Ellorietaco mendia, de maniere qu'ils ont fait une compensation équitable de cette partie de versans avec ceux de la cent quatre vingt quatrieme Borne, et evitent par ce moïen toutes les occasions de dispute qui pourraient survenir dans ces endroits.

    197. Il a été placé une autre borne avec deux croix au col d'Izpeguy a cent trente toises de la derniere borne. Et le present verbal d'abornement étant fini ici, Nous en avons dressé acte, que Messieurs les Commissaires ont signé avec nous. Au col d'Ispéguy (672 mètres) se trouve l'actuelle borne frontière 91.

    A la lecture des procès-verbaux d'abornement, prévus par le Traité d'Elizondo, on s'aperçoit que l'abornement réalisé suite au Traité du 2 décembre 1856 entre le col d'Ispéguy et le col d'Arnostéguy a été fait sur celui de 1785, en utilisant les mêmes croix et les mêmes endroits pour y placer les bornes. 

    L'abornement de 1785 est plus précis car il a été réalisé avec 197 bornes ou croix frontière alors que celui réalisé à partir du Traité de 1856 n'en utilise que 114. Entre le 100ème repère (à la confluence de la rivière de Valcarlos et du ruisseau de Chaparreco Erreca) et le 154ème repère de l'abornement de 1785 (où est située l'actuelle borne frontière numéro 199, près du col de Bentarte), l'abornement du Traité du 2 décembre 1856 réalisé en 1858 n'y a placé que deux bornes, alors qu'en 1785 il y avait été placé 53 repères. Il est vrai qu'entre Arnéguy et le col de Bentarte le tracé de la frontière de 1785 n'avait rien de comparable avec celui de 1856 .

    Bien avant celui de 1785 prévu par le Traité de Elizondo, un abornement suite aux "Capitulations Royales" de 1614 avait été réalisé.

    Voir galerie photos de l'abornement du Traité de Elizondo

     


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  • Les bornes frontalières des Pyrénées numérotées de 262 à 272 s'échelonnent du col de la Pierre Saint-Martin au col d'Anaye ou de l'Insole.

    Les croix frontière numéro 263 et numéro 264 ne sont pas faciles à trouver, elles sont situées sur la crête Ouest de Mombélia ou de la Serra, nommée Miéjebielhe par l'IGN, sur un terrain accidenté.

    La croix frontière sans numéro située "à 7 mètres plus loin" que la borne frontière numéro 265 du col de Pescamou, comme précisé dans le procès-verbal d'abornement, est en réalité située à une quinzaine de mètres au Sud de cette borne. 

    Près des croix frontière numéro  268 et numéro 269, des bornes frontière ont été rajoutées.

    La croix frontière numéro 271 bis, gravée "à 360 mètres comptés sur la crête de Sierralonga" au sommet d'Anelarra ou d'Analarra (2358 mètres) est portée "détruite" sur la carte IGN. Lors de mon passage, le 9 juillet 2009, je n'ai rien trouvé!

    La croix frontière numéro 272, gravée sur une roche verticale au col d'Anaye ou de l'Insole, est le dernier repère prévu dans l'abornement de la Convention additionnelle (du 28 décembre 1858) au Traité pour déterminer la frontière depuis l'embouchure de la Bidassoa jusqu'au point où confinent le Département des Basses-Pyrénées, l'Aragon et la Navarre du 2 décembre 1856. Cette même Convention signale après ce repère : "A partir d'ici, la chaîne des Pyrénées s'élève considérablement, et sa crête devenue très apparente sépare le Département des Basses-Pyrénées de la Navarre jusqu'au haut sommet appelé Table des Trois Rois parce qu'il est commun aux trois anciens royaumes de France, de Navarre et d'Aragon."

    La Table des Trois Rois (2421 mètres), située à l'Est du pic des Trois Rois (2444 mètres), est la dernière limite désignée dans le Traité de délimitation de la frontière du 2 décembre 1856. Aucun repère n'y a été réalisé.

     La carte IGN à utiliser est la 1:25000 1547 OT Ossau Vallée d'Aspe Parc National des Pyrénées.

    Voir galerie photos des bornes frontière 262 à 272

     


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  • Les bornes frontalières des Pyrénées numérotées de 296 à 311 s'échelonnent du Pas d'Aspe ou Chourrout d'Aspe au col de Sobe.

    Le Traité de délimitation de la frontière de la Table des Trois Rois au Port de Bouet, du 14 avril 1862, précise: 

    - "Article 11.- La jouissance des pâturages dans le versant septentrional de la montagne d'Aspé, propriété de la vallée d'Anso, appartiendra, deux années sur trois, à cette vallée, la Vésiau d'Aspé, composée des communes de Cette-Eygun, Etsaut et Urdos, n'ayant que la troisième, laquelle correspond à 1863, 1866 et aux années qui se succèdent périodiquement au même intervalle.".

    - "Article 12.-La Vésiau d'Aspé et la ville de Jaca jouiront en commun des pâturages des montagnes d'Astun, de la Raque et Raquette, propriété de Jaca, sur le versant méridional des Pyrénées, ainsi que de ceux des communaux de la Vésiau contigus à ces montagnes sur le versant français... L'usage du pâturage de la Raque et Raquette, compris entre Somport et les montagnes de Comdetju, d'Espoulunguet et d'Astun, sera libre en toutes saisons, de jour et de nuit, pour les troupeaux de Jaca et de la Vésiau. Enfin, Jaca continuera à payer annuellement à la Vésiau d'Aspé cent trente sols jaquèses qui, en monnaie actuelle, font, à peu de chose près, cent vingt-deux réaux de vellon ou trente-deux francs. "

    Le même Traité précise dans son Article 9 que: "Les autorités municipales respectives prendront avec l'approbation des autorités civiles supérieures du Département et de la Province, les mesures qui leur paraîtront les plus convenables pour assurer la conservation des bornes et le remplacement de celles qui auraient été détruites ou enlevées. Elles s'entendront pour que chaque année, au mois d'août, il soit fait de concert une reconnaissance des bornes qui marquent la ligne séparative de leurs territoires, et pour rédiger en commun un rapport destiné à informer les susdites autorités civiles supérieures du résultat de cette reconnaissance.". En 1131 le roi Alfonse 1er d'Aragon concède l'usage des pâturages frontaliers de Candanchu, La Raqueta, Astun et Espelunguet aux moines de l'Hôpital de Santa Cristina du Somport. En 1397 le roi d'Aragon confisque aux bergers Aspois la jouissance de ces mêmes herbages. Ces derniers retrouveront leur droit d'usufruit au début du XVI ème siècle, sous le règne de Fernand le Catholique. Chaque année, conformément à l'Article 9, toutes les communes bénéficiant du Traité de la Vésiau (Etsaut, Cette-Eygun et Urdos) commémorent avec la ville aragonaise de Jaca ce Traité au col du Somport, en période estivale. Il est procédé à un échange de cadeaux et à la vérification des bornes et croix frontière limitant les pâturages.

    L'article 13 du Traité du 14 avril 1862 précise que: "- Sont confirmés les usages existants entre les habitants de Sallent et de Lanuza de la vallée de Tena, et ceux de la vallée d'Ossau, relativement à leur droit réciproque de gîte; pour les premiers à la majada de Tourmon dans la montagne d'Anéou en France, et pour les seconds à la grotte de Samorons ou majada de lou Roumiga en Espagne."

    L'annexe II de la convention additionnelle du 27 février 1863 au Traité du 14 avril 1862, précise sous le titre "Terrains d'un usage commun aux vallées d'Ossau et de Téna" que: "Il existe entre le Pourtalet d'Anéou (repère international n° 310) et le pic de Peyrelu à l'Est, deux petits territoires de même dimension, séparés par la montagne d'Estrémère, et qui sont communs aux troupeaux d'Ossau et de Téna.

    Le premier à l'Est du Pourtalet, entre la ligne de faîte qui sert de limite internationale et un mur de pierres sèches, au Nord, sur le versant de France.

    Le second au Sud du col de Peyrelu, sur le versant d'Espagne, entre la crête des Pyrénées et celle des deux rameaux qui se joignent à environ 80 mètres du col, à des rochers presque à fleur de terre, sur lesquels est gravée une ancienne croix, et qui s'appellent las Saléras (Salières), parce qu'on y donne le sel aux troupeaux des deux vallées.

    Après la croix frontière numéro 296 gravée sur une roche de l'escarpement vertical du Pas d'Aspe ou Chourrout d'Aspe, un sentier continue horizontalement vers l'Est-Nord-Est pour aller rejoindre plus bas le GR 11. Attention ! car une vingtaine de mètres après le Pas d'Aspe, ce sentier a été emporté sur une dizaine de mètres par un éboulement de terrain bad et il faut avoir le pied montagnard pour franchir ce passage très raide en passant sur l'herbe juste au-dessus de la partie supérieure de l'effondrement ^^ (10 septembre 2009) .

    La croix frontière numéro 297 était initialement gravée, face Nord, au pied d'un immense rocher vertical, sur la ligne de partage des eaux. Un échange de lettres entre la France et l'Espagne des 31 janvier et 7 février 1985, modifiant l'annexe I de la Convention additionnelle du 27 février 1863 au Traité de délimitation du 14 avril 1862, signale les opérations frontalières réalisées dans la région du Somport au cours des années 1977 et 1978: "La croix frontalière 297 disparue a été remplacée par une pyramide blanche élevée sur un petit plateau, situé sur la ligne de partage des eaux, à une centaine de mètres du pied de l'immense roche verticale où était gravé le repère 297. La ligne droite qui définit la frontière entre les repères 297 et 299 et s'écarte là de celle de partage des eaux en passant par la croix 298 gravée sur un rocher, a été jalonnée de trois bornes intermédiaires: la première à 328 mètres du nouveau repère 297 et à 752 mètres de la croix 298, la seconde à 525 mètres de la première et à 227 mètres de la croix 298 et la troisième à 225 mètres de la croix 298 et à 175 mètres de la borne 299".

    La croix frontière numéro 298 est difficile à trouver, j'ai agrandi le cairn qui se trouve à proximité wink2 .

    Le procès-verbal d'abornement du Traité de délimitation du 14 avril 1862 précise pour le signal frontière numéro 308 : "Borne au col Mayou ou de las Névéras". Cette borne frontière n'est pas située au col Mayou mais à près de 300 mètres à l'Est, sur la crête, à quelques mètres du sommet du pic d'Arnousse.

    La croix frontière numéro 311 gravée sur une roche au col de Sobe (2449 mètres) marque le dernier repère frontière, entre le département des Pyrénées-Atlantiques et l'Espagne, prévu dans la Convention additionnelle du 27 février 1863 au Traité de délimitation du 14 avril 1862. 

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    Observations sur le terrain le 11 août 2017:
    En suivant les restes de murets en pierres sèches qui matérialisent les limites des terrains d'un usage commun aux vallées d'Ossau et de Tena et non la frontière franco-espagnole, ainsi que l'inutile et inharmonieux cordon/clôture (électrique ? comme celui du Puerto Viejo de Sallent) qui longe cette même limite, il y a plusieurs croix peintes en rouge. Si certaines recouvrent ce qui semble ressembler à des croix gravées dans la roche, d'autres sont peintes sans que l'on ne puisse déceler la moindre trace d'une quelconque gravure sarcastic . Par contre j'en ai trouvé deux qui étaient bien gravées mais pas peintes, je les ai rehaussées avec de la craie blanche qui disparaîtra rapidement avec la pluie.
    La croix gravée sur un rocher presque à fleur de terre, à environ 80 mètres du col de Peyrelue ou Puerto Viejo de sallent est celle qui délimite le second terrain d'usage commun aux troupeaux des vallées d'Ossau et de Tena. On voit bien que le numéro "310 BIS" gravé à côté est une gravure qui a été rajoutée à tort car ce n'est pas une croix délimitant la frontière franco-espagnole. L'inharmonieux cordon/clôture électrique qui passe à tort plus au Sud de cette limite n'est pas à sa place !

    Petit rappel historique:
    Le procès-verbal d'abornement du Traité du 14 avril 1862 portant sur la délimitation de la frontière entre l’Espagne et la France, précise qu'à partir de la borne frontière numéro 299 située au sommet de la Coume de la Légna ou de Candantchou "la ligne internationale se confond complètement avec la ligne de faîte de la chaîne principale, jusqu'au delà du port de Vénasque où se trouve le repère n° 332. "
    L'annexe II de la convention additionnelle du 27 février 1863 au Traité du 14 avril 1862, précise sous le titre "Terrains d'un usage commun aux vallées d'Ossau et de Téna" que: "Il existe entre le Pourtalet d'Anéou (repère international n° 310) et le pic de Peyrelu à l'Est, deux petits territoires de même dimension, séparés par la montagne d'Estrémère, et qui sont communs aux troupeaux d'Ossau et de Téna.
    Le premier à l'Est du Pourtalet, entre la ligne de faîte qui sert de limite internationale et un mur de pierres sèches, au Nord, sur le versant de France.
    Le second au Sud du col de Peyrelu, sur le versant d'Espagne, entre la crête des Pyrénées et celle des deux rameaux qui se joignent à environ 80 mètres du col, à des rochers presque à fleur de terre, sur lesquels est gravée une ancienne croix, et qui s'appellent las Saléras (Salières), parce qu'on y donne le sel aux troupeaux des deux vallées."

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    Les cartes IGN à utiliser sont les 1:25000, 1547 OT Ossau Vallée d'Aspe Parc National des Pyrénées et 1647 OT Vignemale Ossau Arrens Cauterets Parc National des Pyrénées.

    Voir galerie photos des bornes frontière 296 à 311




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